DISCRIMINATIONS,
ETAT DES LIEUX |
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L’étude fait ressortir qu’un état des lieux
est par nature extrêmement délicat à dresser, en raison notamment
de l’absence d’indicateurs totalement fiable et du nombre
réel des discriminations commises. Il est toutefois possible
d’approcher cette réalité – en insistant sur les précautions
à observer dans l’analyse et l’utilisation des données chiffrées
– au travers des quelques sources disponibles.
1. AU PLAN NATIONAL
Le premier rapport
d’activité de la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les
Discriminations et pour l’Égalité) établi pour l’année 2005
fait état des données suivantes sur 1822 réclamations enregistrées.
(Il convient toutefois de noter que, sur les 626 premiers
dossiers instruits par la HALDE, 248, soit 39,6% ont été considérés
par cette dernière comme irrecevables ou non fondés, ce qui
atteste de la nécessité de ne pas confondre sentiment de discrimination
et discrimination avérée.)
RÉPARTITION DES RÉCLAMATIONS
PAR CRITÈRES DE DISCRIMINATION

* sont notamment comprises dans
“Autres” les réclamations ne comportant pas un critère de
discrimination identifiable.
RÉPARTITION DES RÉCLAMATIONS
PAR DOMAINES DE DISCRIMINATION

2. AU PLAN COMMUNAL
Les éléments du premier diagnostic :
Ce premier diagnostic, réalisé par le groupement
Radar-Biche, cible :
– territorialement, les quartiers du Sillon de Bretagne et
de Bellevue
– thématiquement, les discriminations liées principalement
au logement et à l’emploi.
Devant la difficulté de disposer d’indicateurs
fiables, ce diagnostic s’est appuyé à la fois sur un cadrage
statistique des principales inégalités sociales frappant ces
quartiers, et l’a complété à partir des éléments ressortant
de nombreux entretiens réalisés avec les professionnels
et acteurs de terrain sur ces questions.
Il en ressort en premier lieu un fort besoin
d’explication de la terminologie et des concepts liés à la
lutte contre les discriminations. Par ailleurs, ces entretiens
avec les acteurs de terrain font ressortir les points suivants
:
• Dans le domaine du logement social
– L’absence de faits de discrimination directe
signalés.
– Une situation complexe, avec la nécessité de concilier des
enjeux de gestion du patrimoine, de la paix sociale, et du
traitement équitable dans un contexte de forte demande de
logements et de mobilité réduite.
– Le sentiment d’une visibilité insuffisante sur les procédures
d’attribution de logements, et leur suivi.
• Dans le domaine de l’emploi
– Des discriminations réelles prenant selon
les cas, une forme indirecte mais aussi assez couramment une
forme directe (sous forme de “justification”, de “pressions”,
de non sollicitation permanente des intermédiaires à l’emploi
par certaines entreprises, d’ introduction systématique de
critères “flous”.
– Diverses catégories de publics discriminés : femmes, en
particulier celles ayant la responsabilité d’une famille monoparentale,
personnes atteintes de handicap, seniors (pour le maintien
ou le retour dans l’emploi), population étrangère ou d’origine
étrangère, y compris les jeunes diplômés, jeunes provenant
des quartiers défavorisés, en particulier ceux issus de l’immigration.
– Existence de formes d’auto-discrimination ou au contraire
se mettant en état de victimisation.
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