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Espaces verts : silence, ça pousse !

Publié le 30.11.2020

Ils représentent près de 600 hectares répartis dans tous les quartiers de la ville : l'entretien des espaces naturels est à la fois un travail du quotidien et du temps long. Focus sur la préservation de ces lieux qui font de Saint-Herblain l'une des villes les plus vertes de la métropole.  

En bras de chemise malgré l’hiver approchant, Patrick Moulet, jardinier municipal, décrit avec un œil gourmand l’exceptionnelle diversité agronomique du jardin méditerranéen de la Carrière. "Plus de 200 espèces de plantes s’épanouissent ici, explique-t-il. Chacune d’entre elles demande un entretien bien particulier, été comme hiver. Là par exemple, on vient de planter de nouvelles variétés de bruyères à côté des Aloe Vera. Elle devraient bien s’entendre", sourit-il.

Depuis 11 ans qu’il niche au creux des falaises de la Carrière, ce jardin, mi-exotique, mi- méditerranéen, accueille chaque année de nombreux curieux. Aux côtés des parcs de la Gournerie, de la Chézine ou encore de la Bégraisière, celui-ci fait partie d’un ensemble de 600 hectares d’espaces verts qu’entretiennent quotidiennement la quarantaine de jardiniers municipaux, aidés d’entreprises prestataires dont certaines contribuent à l’insertion professionnelle.

Une quarantaine de jardinier œuvre au quotidien à l'entretien des 600 hectares d'espaces verts herblinois.

"Ce ne sont pas seulement des jardiniers, mais aussi des botanistes, de véritables techniciens de la nature, tient à rappeler Myriam Gandolphe, adjointe au maire en charge de l’environnement. Ils savent détecter lorsqu’une plante est malade ou affaiblie, quels arbres sont adaptés à tel ou tel milieu… Avec la pollution, la multiplication des espèces invasives comme la Jussie et le changement climatique, ces savoir-faire sont indispensables. Un espace vert n’est pas un espace confié au hasard et aux aléas, ça s’entretient !"   

Observer, tailler, nourrir…   

Squares et jardins, forêts urbaines, marais, prairies fleuries, bocages…Le patrimoine naturel de Saint-Herblain offre une diversité peu commune. En témoigne son Cours Hermeland, vaste corridor écologique qui permet de traverser la ville du Nord au Sud en empruntant ses espaces verts. Et à patrimoine naturel riche, gestion différenciée !

"Ces espaces sont entretenus en fonction des usages que les gens en font, de leur nature et de leur potentiel écologique, résume Caroline Boyas, responsable du service des espaces verts à la Ville. Ainsi on ne gère pas de la même manière des sites horticoles avec des fleurissements renouvelés régulièrement, les espaces boisés ou encore les prairies, que l’on fauche une fois par an."

Plusieurs milliers de bottes de foins sont réalisées chaque année à partir des fauches dans les prairies gérées par la Ville.

En chiffres

  • 40 jardiniers municipaux prennent soin au quotidien des espaces verts  
  • 600 hectares d’espaces naturels parsèment la ville, soit près d’un tiers de la surface de Saint-Herblain
  • 41 équipements sportifs sont librement accessibles dans les parcs

Observer, tailler, nourrir…chaque espace nécessite des interventions différentes en fonction des espèces végétales qu’il abrite et de l’avancée du réchauffement climatique. Et parfois, la coupe est inévitable, en cas de maladies (lire encadré) ou de coups de vent. Les plantations effectuées en remplacement veillent à tenir compte de la nature des lieux. Ainsi cet hiver, 13 jeunes arbres, dont des conifères remarquables comme l’Araucaria (le fameux "Désespoir des singes"), ont été plantés sur le coteau Sud de la Chézine, très adapté aux résineux, dans une logique de collection sur le site d’un ancien golf.

Plusieurs dizaines de milliers de plantations (de fleurs, d'arbustes et d'arbres) sont réalisées chaque année.

Trame bleue

Enfin, la Ville a également à sa charge une multitude de petits cours d’eau qui parsèment son territoire, comme dans les prés-marais de la Pelousière (nom officiel), "un site pressenti pour intégrer le réseau Natura 2000 de par l’exceptionnelle biodiversité qu’il recèle » considère Myriam Gandophe. « Avec la sanctuarisation du Cours Hermeland, l’ouverture de l’accès à la Loire, la préservation de ces marais est l’une de nos priorités écologiques des années à venir."

La châtaigneraie de la Gournerie entame sa mue 

Couvrant une superficie de cinq hectares, la châtaigneraie de la Gournerie va devoir faire l’objet de travaux d’abattage en plusieurs étapes jusqu’en 2023. En cause ? La maladie incurable de l’encre, un champignon qui s’attaque aux racines de l’arbre et conduit inexorablement à sa mort.

Afin d’éviter d’éventuelles chutes sur des promeneurs et préserver les autres arbres (notamment les bouleaux et chênes qui restent sur place), les châtaigniers sont coupés depuis novembre 2020. Ils sont progressivement remplacés par de nouvelles essences mieux adaptées au sol humide de la Gournerie et qui permettront, une fois plantés, de régénérer la forêt. 1500 plans forestiers par hectare sont ainsi prévus, soit 7500 arbres, répartis entre trois grandes espèces :

  • 40% de chêne sessible ;
  • 40 % de chêne pubescent ;
  • 20 % de fruitiers (pommiers, poiriers…).

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