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Les animaux au service des paysages

Publié le 03.05.2022

Depuis le 1er avril, 8 vaches nantaises ont retrouvé les prairies herblinoises pour quelques mois. Comme elles, d’autres animaux (vaches, moutons, chèvres) pâturent et contribuent à l’entretien des espaces naturels de la commune.

Elles s’appellent Mouette, Ikéa, Loulou, Ifféa, Madonne, Lande, Nova, Opaline, Ofilé. Ces 8 vaches de race nantaise aux cornes saillantes et aux flancs marron clair sont arrivées en camionnette accompagnées de leur éleveur pour prendre leurs quartiers d’été dans les prairies de la Pelousière. Depuis, elles passent leurs journées à brouter et à gambader dans les vastes prairies situées non loin de la passerelle sous le regard des promeneurs.
Pour la Ville, l’objectif est double : il s’agit d’entretenir ses espaces naturels très riches en biodiversité de façon écologique et respectueuse de l’environnement, tout en soutenant la renaissance de la filière de la vache nantaise.
"Ce que nous recherchons, c’est une juste pression du pâturage pour éviter la fermeture du milieu, c’est-à-dire l’envahissement des ronciers et des arbrisseaux. La vache nantaise présente l’avantage d’être moins sélective que les autres races, et de manger presque tout, y compris les branches basses des arbrisseaux. Elle participe ainsi à la préservation de la biodiversité locale" explique Thierry Martin, chef de projet Nature et agriculture en ville.

Renaissance de la race vache nantaise

Soutenant le développement de la filière bovine locale, la Ville a signé un contrat avec la nouvelle association l’Étable nantaise. "La vache nantaise est une race locale, robuste, à croissance lente. Malgré ces qualités, elle a pourtant failli disparaître. En accueillant ce troupeau de vaches et en soutenant l’Étable nantaise, nous aidons à la constitution d’un cheptel de ces animaux qui ont énormément de qualités" explique Myriam Gandolphe, adjointe au maire en charge de l’environnement

"Ce partenariat avec la mairie est très important pour nous. Le but pour l’association l’Étable nantaise est de relancer l’élevage de vaches nantaises en périphérie urbaine avec, à terme, l’installation de 3 éleveurs pour un troupeau d’une centaine de bêtes sur l’agglomération nantaise" explique Benoît Rolland, président de l’association. Ce projet est accompagné également par le lycée agricole Terre-Atlantique Jules-Rieffel qui propose un bac professionnel aux métiers de l’élevage en septembre 2022 et la construction d’une étable.
L’arrivée de ces vaches s’intègre dans la feuille de route agricole de Saint-Herblain et dans le projet alimentaire territorial autour de différents axes : la structuration d’une filière de développement et de promotion de la race vache nantaise ; la remise en culture de parcelles avec l’aide de Nantes Métropole. L’objectif ici est d’augmenter les productions alimentaires locales et de maintenir des espaces agricoles protégés à moyen et long terme.

Des chèvres, des moutons d’Ouessant et des vaches

En complément des surfaces entretenues par les vaches nantaises dans le marais de la Pelousière, 79 hectares de parcelles appartenant à la ville bénéficient de conventionnements avec 5 éleveurs des environs pour du fauchage ou du pâturage. Les animaux sont présents sur les sites du parc de la Gournerie, à Tougas, à la Solvardière/ Haradières, à la Carrière, parc de la Chézine et dans la vallée de la Pâtissière.
Des moutons d’Ouessant et des chèvres participent aussi à l’entretien de parcelles plus escarpées comme celles de la Carrière et du Val de Chézine situées sur les contreforts du Sillon de Bretagne.
"La présence des animaux dans les paysages urbains est bénéfique pour les citadins que nous sommes. Ils apportent une forme d’apaisement et aussi du relief à nos paysages" relève Myriam Gandolphe, adjointe à l’environnement et au cadre de vie.

C’est quoi les vaines pâtures ?

Situés dans l’estuaire de la Loire, les marais de la Pelousière (60 hectares) ont connu autrefois une pratique singulière : les vaines pâtures. Jadis, les prairies étaient ainsi mises à disposition des éleveurs des communes de Couëron, d’Indre, Saint-Herblain voire même d’Orvault après les coupes et récoltes de la fin du mois d’août.

Conférence : Quelle transition pour le système alimentaire ?

L’alimentation et l’agriculture ont connu de nombreuses évolutions depuis les dernières décennies. Comment se porte aujourd’hui le système alimentaire ? Comment changer de modèle et tendre vers une alimentation locale, durable et accessible ? La Longère de la Bégraisière vous invite à en débattre avec :

  • Marie Le Cadre, membre de l’association les Greniers d’abondance qui sensibilise sur la vulnérabilité des systèmes alimentaires face aux bouleversements écologique, climatique et énergétique ;
  • Christine Margetic de l’Université de Nantes qui travaille sur les questions liées à l’alimentation et à l’agriculture et Benoît Rolland, éleveur.

Cette conférence aura lieu mardi 10 mai de 20h15 à 22h dans l’auditorium de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland, rue François-Rabelais. Sur inscription au 02 28 25 24 87.

 

 

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