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Ciné-motion, fabrique à rêves

Publié le 27.03.2019

Le premier festival de stop-motion en amateurs dévoile sa sélection et ses lauréats à l’occasion d’une journée exceptionnelle, le samedi 27 avril. Le réalisateur Marc Caro (Delicatessen, La cité des enfants perdus), parrain du festival, nous a expliqué pourquoi ce genre d’évènements lui tenait à cœur. Rencontre.  

En 1991, alors qu’ils recevaient le César de la meilleure première œuvre pour le film Delicatessen, Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet concluaient leur remerciements de la sorte : "Un dernier mot pour tous les gamins qui nous regardent ce soir et qui crèvent d’envie de faire du cinéma…Si vous avez, dans la tête, une histoire un peu bizarre, une histoire un peu tordue, si vous avez l’idée de faire des films à deux, vous allez en baver, ça va être dur…Mais dans vos moments de doute et de faiblesse, pensez à nous, on vous le dit : c’est possible !"

28 ans plus tard, le nantais Marc Caro devient le parrain de la première édition de Ciné-motion, festival amateur dédié au stop-motion, cette technique d’animation image par image désormais bien connue du grand public. 28 ans après cette fameuse cérémonie des Césars, le propos de Marc Caro n’a pas changé : "Ce qui me plaît dans Ciné-motion et m’a convaincu d’en devenir le parrain, c’est qu’avec ce festival, on encourage les gens à faire par eux-mêmes, réagit le réalisateur. Jean-Pierre et moi-même sommes aussi passés par là, la bricole des premiers films réalisés avec trois francs six sous, et surtout beaucoup d’imagination. Tout désir de cinéma est un jour confronté à cette question du faire."

La main à la pâte

Marc Caro sait de quoi il parle, lui dont le premier moyen-métrage coréalisé avec Jean-Pierre Jeunet – Le Bunker de la dernière rafale, sorti en 1981 –  fût fabriqué de A à Z par les deux comparses. "C’est très fondateur comme projet, ça vous fait grandir. Par la suite, j’ai toujours conservé cet attrait pour le côté artisanal du cinéma, j’aimais bien intervenir sur tous les aspects, y compris les plus techniques. Cela devenait presque obsessionnel", raconte, amusé, le touche-à-tout, qui près de quarante ans après son premier contact avec l’envers du décor cinématographiques, fourmille toujours autant de projets musicaux, graphiques, audiovisuels…

Le 27 avril, le Festival Ciné-motion présentera une quarantaine de courts films au cinéma Le Lutétia, tous réalisés par des amateurs : enfants et adolescents, étudiants en école d’art, féru d’animation. Le concours ouvert durant cinq mois a incité de nombreuses personnes à "mettre la main à la pâte" comme le relève Marc Caro . C’est d’ailleurs l’un des objectifs affichés du Festival : faire découvrir le plaisir du "faire par soi-même".

"Ce qui est formidable avec l’animation, conclut Marc Caro, c’est que c’est très ouvert comme pratique artistique, il n’y a aucune limite si ce n’est celle de l’imagination. Il faut porter au crédit de Ciné-motion de mettre à l’honneur des choses comme celles-ci."

Silence. Lumière !

Le 27 avril, cinq séances seront organisées, chacune diffusant les films de la catégorie dans laquelle ils concourent : moins de 11 ans, 11 à 16 ans, plus de 16 ans, famille ou groupe inter-âge, étudiant spécialisé en école de cinéma ou film d’animation. Une projection exceptionnelle des films primés aux festivals de stop-motion d'Elbeuf et de Montréal sera également organisée, ces deux évènements étant partenaires de Ciné-motion.

Festival Ciné-motion, 1ère édition. Samedi 27 avril, de 15h à 22h
Cinéma Le Lutétia, 18 rue des Calvaires

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