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David Rolland, chorégraphe, immergé dans la vie

Publié le 29.03.2021

Le public du théâtre municipal ONYX n’a pas encore découvert ses pièces en raison de la crise sanitaire. Seuls les élèves des écoles herblinoises en ont profité avec "Happy Manif - les pieds parallèles". David Rolland se raconte.

C’est à l’âge de 4- 5 ans que le chorégraphe nantais David Rolland, né en 1969, a ressenti ses premières émotions artistiques. Il se souvient : "C’était au théâtre Graslin, lors d’un gala de danse, j’ai été littéralement émerveillé par les machineries et la magie du spectacle".

La danse, il la pratique ensuite en loisirs dans les associations tout en poursuivant ses études de pharmacie jusqu’à l’obtention du doctorat. "À un moment donné, il a fallu que je fasse un choix entre l’officine ce qui ne m’emballait pas et les plateaux de danse. J’ai fini par choisir la danse". À cette époque, les garçons se font rares dans le milieu de la danse : "ce fut pour moi une chance supplémentaire, la sélection était moins forte qu’aujourd’hui".

Danseur pour Blanca Li, Odile Duboc

Après une formation de danseur, il obtient son diplôme d’État de professeur de danse. On est en 1996-1997. Il passe des auditions avec plusieurs compagnies : Blanca Li pour "Les Indes galantes" production lyrique montée à l’Opéra Garnier ; avec Odile Duboc : "ce fut une collaboration courte mais décisive".
En 2004, il développe ce qu’on pourrait appeler sa marque de fabrique : une première pièce participative "pour créer un pont entre le public et les danseurs et évoquer la rencontre avec l’autre".  Y affleurent les questions qui le taraudent : le racisme notamment, ou l’importance des soignants avec la pièce "Les Infirmières", "écrite bien avant la crise sanitaire, hommage au corps des soignants".

Sources d’inspiration

Fortement influencé par les arts plastiques dont les performeurs (Marina Abramovic, le mouvement Fluxus, Éric Duyckaerts), et plusieurs artistes de la danse et du cinéma (Odile Duboc, Maguy Marin, Jacques Demy, Jacques Tati), David Rolland n’hésite pas à puiser dans l’actualité politique et sociale. "Donald Trump, élu en 2016 avec moins de voix que sa concurrente, sur fond d’élections en France avec l’affaire Fillon m’a interpellé". Un questionnement qui débouche sur le spectacle "Para Doxa" imaginé avec le mathématicien François Sauvageot et Denis Renault ingénieur, aujourd’hui dramaturge et enseignant. Dans cette pièce, les artistes cherchent à aider le public à déconstruire les idées reçues et à penser par soi-même.

Temps de réflexion

Les théâtres sont fermés mais cette situation compliquée pour les artistes du spectacle vivant n’empêche pas David Rolland de continuer à réfléchir et à créer. "Ce laps de temps est pour moi une chance, pour imaginer d’autres politiques culturelles, pour ne pas repartir comme avant" explique David Rolland également engagé sur le plan syndical.

Pour le chorégraphe, être associé à un théâtre comme ONYX, c’est important. "Ce sont trois années de discussion, de compagnonnage, d’échanges". Plusieurs créations sont déjà prévues : la pièce pour 4 danseuses "Les infirmières" pour le festival Trajectoires en janvier 2022, une nouvelle Happy manif "donne-moi la main" co-écrite avec la chorégraphe Élise Lerat sur la géographie des cours d’école, une manière de lutter contre les discriminations pour le festival Nijinskid en février 2022, un festival sur différentes formes participatives. Une création sur les années folles à l’occasion de leur centenaire prévu pour 2022-2023. Car le chorégraphe l’espère bien : les retrouvailles avec le public seront fortes, assurément.

(c) Coralie Bougier.

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