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Des archéologues dans le Bourg

Publié le 22.06.2021

À l’occasion des aménagements en cours sur la place de l’Abbé-Chérel, des fouilles archéologiques se déroulent jusqu’à la fin du mois de juillet. C’est la première fois qu’un chantier de ce type est organisé sur cette place historique.

Une tranchée à ciel ouvert et, au fond, les restes d’ossements humains. C’est autour de l’église Saint-Hermeland que se trouvait  l’ancien cimetière paroissial, avant que ce dernier ne déménage place de la Paix (appelée aussi place des Arcades) vers 1860, puis vers le cimetière de l’Orvasserie en 1962

Archéologie préventive

À l’aide de balayettes et de truelles, l’équipe de 5 archéologues de Nantes Métropole exhume avec minutie les restes de squelettes. Ils sont ensuite placés méthodiquement dans des sacs plastiques pour être étudiés en laboratoire. Le sol de la tranchée est parsemé d’étiquettes numérotées pour aider au repérage des sépultures. Parallèlement les coordonnées GPS des tombes sont également relevées. "Ce que nous avons découvert, c’est l’ancien cimetière associé à l’église qui existait entre la fin du 15e siècle et le 19e siècle" présente Mathieu Laurens-Berge, archéologue de Nantes Métropole responsable du chantier.

L’équipe intervient ici sur demande du service régional de l’archéologie de la Direction régionale des affaires culturelles. Il s’agit d'un chantier d’archéologie préventive c’est-à-dire d’études de terrain et de laboratoire. Elle est liée aux travaux de réaménagement de la place qui risqueraient de détruire les traces du passé. Seuls les vestiges situés dans l’emprise des travaux seront fouillés.

Des études biologiques en laboratoire

Des restes de cercueils en bois, des clous en métal, des épingles des linceuls et des petits chapelets (crucifix en pendentif) ont été mis au jour. Pour les archéologues, le but est d’étudier "cette population, son état de santé, les évolutions de la façon d’inhumer" explique Camille Bouffies de Nantes métropole. "J’interviens en tant qu’archéo-antropologue sur des sites funéraires pour étudier directement sur place puis en laboratoire les ossements. À ce jour nous avons fouillé environ 70 tombes, au final, nous devrions en avoir examiné au moins une centaine dans cette tranchée" poursuit la jeune femme.

Fait exceptionnel de ce chantier de fouilles : il a lieu en même temps que les travaux d’aménagement de la place alors que les archéologues interviennent habituellement avant le début des travaux. La fouille s’achèvera fin juin pour la partie nord de l’église et fin juillet pour sa partie sud. Une phase d’étude en laboratoire et d’analyse des données suivra.

Les services de la Ville récupéreront certains ossements plus récents éparpillés par les creusements pour les verser à l’ossuaire du cimetière de l’Orvasserie. Les sépultures étudiées intégreront après étude les dépôts archéologiques de l’État. À noter que des panneaux d’information seront réalisés par l’équipe d’archéologues et affichés aux abords du chantier de fouilles sur la place de l’Abbé-Chérel.

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