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Expo : pas de capitulation face à l’excision

Publié le 28.11.2018

Du 3 au 14 décembre, la mission jeunesse de la Ville propose une exposition de Fatoumata Gassama autour de l’excision. Pour briser les tabous et sensibiliser à cette pratique mutilatrice encore trop répandue.

"J’essaye de me débattre mais impossible, je n’ai pas assez de force. Puis, elle passe la lame. Je crie de toutes mes forces et finis par m’évanouir de douleurs." Des témoignages glaçants de ce type, Fatoumata Gassama, en a recueilli de nombreux dans son entourage. Pour alerter et sensibiliser sur la question de l’excision, la jeune étudiante nantaise de 20 ans a décidé de concevoir une exposition itinérante sur le sujet. Intitulée "Excision, femmes mutilées", celle-ci sera visible du 3 au 14 décembre au Pôle ressources jeunesse du Carré des services.

Interdite en France mais encore largement pratiquée dans certains pays (Mali, Mauritanie, Soudan, Égypte mais aussi Asie du Sud-Est), l’excision est une mutilation génitale, consistant à retirer certaines parties du sexe de la femme (clitoris, lèvres). On considère qu’en France, près de 60 000 femmes vivent avec ce genre de mutilation, souvent pratiquée lors de vacances au pays d’origine. Dans le monde, ce sont près de 200 millions de femmes qui seraient concernées. «Il n’y a aucune raison d’exciser une femme, indique Fatoumata en préambule de son exposition. Le but est juste de toucher au désir féminin et à la dignité humaine. L’excision, ce n’est pas juste toucher un organe, c’est contrôler une personne.» La jeune femme sera présente au Carré des services pour un moment d'échange le 14 décembre de 17h à 19h.

Briser le tabou

L’exposition se présente sous forme de panneaux interactifs et explicatifs, permettant de mieux comprendre ce que recouvre précisément l’excision. Plusieurs témoignages rappellent également la souffrance occasionnée par cette pratique. On y apprend enfin l’ampleur de la pratique à travers le monde, sa répartition géographique mais aussi les outils à disposition des jeunes filles pour s’y opposer, notamment en France. "Je sais que c’est un sujet délicat, intime même, conclut Fatoumata. Mais il était important pour moi de briser ce tabou auprès du plus grand nombre, particulièrement des plus jeunes".

Exposition visible du 3 au 14 décembre au Pôle ressources jeunesse du Carré des services, 15 rue d'Arras.
Rencontre avec l'auteure, vendredi 14 décembre de 17h à 19h.

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