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Gravure : à chacune sa mue

Publié le 09.07.2021

Le collectif d’artistes "Gravissime" s’est installé à la Longère de la Bégraisière pour une résidence jusqu’à la fin août.

Depuis 7 ans, elles sont constituées en collectif de création qu’elles ont baptisé "Gravissime". Régulièrement, ces 6 artistes de la région nantaise se réunissent dans un lieu partagé pour travailler les unes avec les autres ou côte à côte. Qu’elles soient documentariste-photographe, plasticienne, dessinatrice, toutes ont en partage l’art de la gravure.

Cet été, elles travaillent autour du fil conducteur des mues et des transformations. "Il s’agit de mues vues de l’intime, autour du féminin" explique Amélie Gagnot qui utilise le vêtement comme base d’inspiration. Pour Élaine Guillemot, deux thèmes animent son travail : l’idée de la disparition et celle de paysages émotionnels. Pour Emmanuelle Loiret, ce sont les traces et les souvenirs laissés par les événements de la vie sur les corps qui lui sert de fil rouge. Sophie Morille, elle, travaille autour des fleurs et feuillages encrés sur lesquels se superposent masques, jeux de cartes personnalisés voire broderie. Laure-Anne Bomati réfléchit sur la transformation des corps entre passé et présent, les instantanés et l’insolite dans le quotidien. Quant à Hélène Defromont, la jeune femme formée aux Beaux-Arts travaille sur la déconstruction des stéréotypes liés au genre.

Mélanges de techniques

En les écoutant et en les regardant travailler, le visiteur s’aperçoit rapidement qu’elles ont chacune leurs façons de procéder : teintures végétales et gravure pour Sophie Morille, dessins et peinture pour Emmanuelle Loiret, dessins pour Élaine Guillemot, photo et photogravure pour Laure-Anne Bomati, linogravure et aquatinte pour Hélène Defromont, dessins pour Amélie Gagnot.

Les six artistes du collectif Gravissime derrière leur presse

Si toutes travaillent autour de la gravure, elles l’envisagent selon leurs affinités particulières : la gravure en creux sur du métal ou du plastique et la gravure en relief sur du lino ou du bois. "Ce qui nous relie, c’est de travailler sur une matrice qui nous servira ensuite à imprimer des motifs" présente Elaine Guillemot.   

La Fournée : l’instant magique de la gravure

Dans la grande salle, la presse en métal occupe une place centrale autour de laquelle toutes les artistes se pressent. "Je peux l’utiliser ?" demande l’une d’entre elles. Car il faut prendre son tour tant la machine à manivelle est sollicitée. Sous les yeux admiratifs, des formes encrées surgissent du papier pressé. Ici, quelques lions sortis de la savane, là des corps de femmes longilignes.

"Cet instant est toujours magique" apprécient celles qui sont réunies autour. Le public est même invité à assister à la Fournée (c’est le nom qu’elles ont donné à ce moment unique où l’on découvre le résultat du travail). Pour en profiter, il faut venir à la Longère du lundi au vendredi à 16h jusqu’au 16 juillet inclus.

Pour découvrir le fruit du travail estival de ces 6 plasticiennes, rendez-vous à l'exposition de fin de résidence du 28 août au 5 septembre avec un vernissage le 28 août à 11h à la Longère de la Bégraisière, rue François-Rabelais.

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