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Histoire : les 27 fusillés du manoir de la Bouvardière

Publié le 29.06.2021

Le 29 juin 1944, 27 jeunes maquisards de Saffré sont fusillés au château de la Bouvardière par les Allemands. Pourquoi ce crime affreux a-t-il été commis ?

Depuis plus de 4 ans, la France est en guerre et occupée par les Allemands. Les privations et les humiliations sont quotidiennes.

Dans le département, un premier maquis, celui de la Maison Rouge est constitué sur la commune des Touches. D’autres sont formés à Nort-sur-Erdre, Joué-sur-Erdre, Rougé-Châteaubriant. Ces maquis sont pour la plupart composés de réfractaires au service du travail obligatoire (STO), de jeunes hommes qui refusent de partir travailler en Allemagne et également de Nantais réfugiés suite aux bombardements des 16 et 23 septembre 1943.

Réceptionner des armes

Le 6 juin 1944 le débarquement des troupes anglo-saxonnes et canadiennes a eu lieu en Normandie. À partir du 14 juin 1944, des dizaines de résistants venus de la Maison rouge, Bouvron, Fay de Bretagne, Blain, Héric, La Chevallerais, Abbaretz, La Meilleraye de Bretagne, Notre-Dame-des-Landes et Saint-Émilien arrivent en forêt de Saffré. Leur objectif est de réceptionner des armes envoyées par l’aviation anglaise et retarder l’avancée de l’armée allemande vers la Normandie.

En quelques semaines, le nombre de maquisards grossit pour atteindre l’effectif de 300 hommes. Chaque jour, ils construisent des abris, approvisionnent le maquis en vivres, défrichent les terrains, s’entraînent et guettent le ciel dans l’attente des avions anglais. Mais ils sont faiblement armés, mal formés et peu organisés.

Le maquis est repéré

Or, le nord du département fait l’objet d’une surveillance rapprochée de la part des autorités. Des arrestations se succèdent en mai et juin. Les maquisards sont vite repérés par les Allemands. Très tôt, le matin du 28 juin, le maquis de Saffré est encerclé par plus de 2 000 Allemands et 600 miliciens compromis avec l'occupant. Ils souhaitent intervenir avant que les alliés ne parachutent des armes et du matériel pour aider la Résistance. Les fermes sont pillées et incendiées.

Dans le même temps, de nombreux hommes tombent sous les balles ennemies. Les miliciens et la Gestapo achèvent les prisonniers. 35 maquisards sont arrêtés et conduits au manoir de la Bouvardière à Saint-Herblain. Le 29 juin, après un simulacre de procès, 27 d’entre eux sont fusillés en chantant la Marseillaise.

Tous les ans, une commémoration a lieu le 29 juin au manoir de la Bouvardière. Une stèle a été érigée complétée par des panneaux retraçant cet épisode dramatique.

Ils s'appelaient...

A 22h40, les exécutions commencent. En moins d’une heure, les 27 jeunes hommes sont fusillés.

Ils s’appelaient Jean Paty, Joseph Babonneau, Joseph Biveau, Joseph Colard, Georges Durand, Alcide Gabaret, Jean Garçon, Amand Gicqueau, Lucien  Corgnet, Cyprien Gougeon, Marcel Houguet, René Holner, Henri Moreau, Jean Pouty, Joseph Rivière, Paul Tiger, Georges Laurent, Louis Leho, Robert Lanen, Henri Macault, Pierre Lefranc, Charles Picard, André Ragot, Alexandre Templé, Henri Jouneau, Jean Rigollet et Henri Richard. Ils étaient jeunes et se battaient pour libérer la France.