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Jean-Luc Courcoult de Royal de Luxe se raconte

Publié le 18.06.2019

Le metteur en scène nantais nous reçoit pour évoquer sa résidence du  23 juillet au 17 août dans le quartier de Bellevue. Il nous parle du spectacle "Miniatures" et revient sur la présence de Monsieur Bourgogne dans le quartier en avril dernier.

Comment préparez-vous vos interventions  dans un quartier populaire ?
C’est toujours compliqué d’intervenir dans un quartier. Il faut l’apprivoiser. C’est un travail de longue haleine, comme un marathon. Comment faire pour y aller ? Il faut d’abord aller le sentir, aller à sa rencontre. Ce travail est basé sur l’histoire ou comment imprimer une dimension poétique un quartier, ça se fait sur 4-5 ans. Pour le moment, c’est trop récent, ça n’a pas pris sa dimension totémique. Il y a déjà beaucoup de choses qui se font à travers les associations. La culture doit apporter d’autres regards. C’est pourquoi, dans l’esprit et le cœur des habitants, les géants sont devenus plus grands que l’équipe de football (NDLR : Le FCNA). C’est la patience et l’amour des gens qui sont les moteurs de tels spectacles.

Comment avez-vous vécu votre première résidence avec Monsieur Bourgogne et sa Fiat rouge fin avril ?

Dès le matin de l’installation de la Fiat rouge, on a reçu des réactions positives. Avec les enfants du quartier, on a semé des graines. Ils en ont parlé à leurs parents. Tous les matins, ils avaient la primeur d’une lettre de Monsieur Bourgogne et d’un enregistrement vocal de sa lettre. Toutes les classes ont défilé ! Il y a même des enfants qui ont dessiné des sandwichs pour la Fiat rouge ! On a provoqué de la poésie. Je suis très ému si j’ai pu capter l’attention des enfants dans cette période de violence qu’a connu le quartier à cette période-là.

Pourquoi proposer Miniatures ?
Cela fait 25 ans que je fais des géants. Il faut changer, trouver d’autres choses, découvrir d’autres relations avec les gens à travers le théâtre de rue. C’est pour ça qu’est né le spectacle de place  « Miniatures ».

Parlez-nous du spectacle Miniatures ?

C’est un spectacle familial adaptable dans le monde entier. On est sous pression pendant 1h30 dans la même veine que "Roman photo". Réglé au dixième de seconde près, il s’organise avec une scène au milieu et des gradins en face à face. Cela exige une mise en scène complexe. Pour vous raconter un peu, c’est l’histoire des rêves d’un pilote d’avion, ou le passage d’un rêve à l’autre. Ce spectacle est imprégné des contes de notre enfance et du monde d’aujourd’hui. Dans ses rêves, il côtoie des ventes d’armes, des attentats. C’est ma façon de porter un regard amusé et distancié sur notre monde complètement fou.

Pourquoi à Bellevue ?
Le quartier de Bellevue est en ré-urbanisation. C’est un quartier avec des îlots urbains qui ont peu de liens entre eux. Il y a peu d’endroits pour flâner, pas beaucoup de magasins. Je me suis dit : que puis-faire pour construire quelque chose dans ces îlots comme des villages à part entière ? Beaucoup n’osent pas se déplacer à Bellevue. Certains imaginent que c’est le western. Moi, je ne juge pas. Je vais tenter d’apporter une respiration poétique. 1% des gens font parler d'eux tandis que 99% sont des gens simples et populaires.

Pourquoi l’avoir appelé Miniatures ?
Le pilote fait ses rêves à 10 000 mètres d’altitude. Le public est avec lui dans sa tête. Il voit le monde depuis là-haut. Il peut aussi considérer qu’il le voit de son écran de télévision qui filtre les images. Un rêve, c’est une construction qui dérape, qui coule.

Comment voyez-vous votre résidence estivale à Bellevue ?
C’est une expérience. Je m’attends à tout. Je n’en sais rien. C’est ça, la prise de risques. C’est une remise en questions. Il faut être patient.

Reviendrez-vous dans le quartier ?
Oui, il faut 5 ans pour parler à Bellevue. Monsieur Bourgogne reviendra l’an prochain 4 à 5 fois par an.

Pour rappel : du 23 juillet au 17 août 2019 (relâche les 29 et 30 juillet, les 5, 6, 12 et 13 août) à 18h Place Denis Forestier, dite place du Marché, à Saint-Herblain – quartier de Bellevue.

Gratuit et tout public, sans réservation : la billetterie ouvrira 3 heures avant chaque représentation, dans la limite des places disponibles.

Accès aux gradins ½ heure avant la représentation.

Accès : Tramway ligne 1 station : Mendès-France

(c) photo : Droits réservés et Fondacion Teatro a Mil

Spectacle Miniatures
L'une des scènes cocasses du spectacle "Miniatures"

L'une des scènes drôles du spectacle "Miniatures"

L'une des scènes loufoques du spectacle "Miniatures"

L'une des scènes cocasses du spectacle