Imprimer Pdf

L’art plastique s’invite à Preux

Publié le 22.04.2021

Installés dans plusieurs anciens ateliers qui donnent sur la place Léo-Lagrange, deux collectifs d’artistes plasticiens entendent faire vivre un quartier en pleine mutation urbaine.

Sur la place Léo-Lagrange, quartier Preux, plusieurs centaines de mètres carrés d’anciens ateliers appartenant au bailleur social Harmonie Habitat sont en train de connaître une seconde vie singulière avant leur démolition programmée début 2022. Derrière l’apparente quiétude des lieux s’activent là en réalité (et dans le respect des gestes barrière) plusieurs artistes issus de deux collectifs : La Boîte en valise – association Mix’Art et Enfourcher le tigre.

Ici, dans ces ateliers à l’élégante charpente en métal, s’imaginent et se construisent en effet chaque jour des créations originales issues de nombreuses pratiques. Des arts plastiques (sculpture, céramique, soudure) essentiellement, mais aussi de la photographie, de l’illustration ou encore du cosplay (création de tenues inspirées des mangas, de la bande dessinée ou des jeux vidéo).

C’est la Ville qui, en concertation avec le bailleur Harmonie Habitat, a décidé d’autoriser l’occupation temporaire de ces lieux. Une subvention de 4000 euros, votée en conseil municipal le 12 avril dernier, est venue compléter l’aide de la Ville à l’installation des artistes. "Plutôt que de laisser ces locaux à l’abandon, nous avons effectivement souhaité aider des artistes à pratiquer leurs disciplines, explique Frédérique Simon, adjointe au maire en charge de la culture. Ces deux collectifs arrivent dans un quartier lui-même singulier puisque Preux, aujourd’hui concerné par un vaste programme de réhabilitation, était à sa création dans les années 80, un quartier de création."

Donnant-donnant

Une proposition qui tombait à pic pour les deux collectifs qui ont répondu présent à l’appel à projets tant il manque d’espaces de création partagés dans la métropole. "Cet endroit est une vraie aubaine pour nous car il est très difficile, en tant que jeune artiste, de trouver des lieux comme celui-ci pour pratiquer notre art, à la fois vastes et ouverts sur l’extérieur. C’est une belle opportunité", se réjouit ainsi Violette Pavasi, l’une des quatre artistes du collectif Enfourcher le tigre. 

Car au-delà de la pratique artistique, c’est bel et bien la rencontre avec les habitants de ce quartier populaire qui intéressent ces artistes en résidence. "C’est un lieu éphémère et qui a vocation à disparaître, mais c’est un lieu qu’on a envie de faire vivre et d’animer jusqu’au bout. Pas seulement en créant mais aussi en proposant des temps forts aux habitants du quartier pour échanger avec eux, leur faire découvrir nos pratiques et qu’ils nous racontent leur vie, ici, à Preux", affirme Gwenola Saillard-Calvez, artiste plasticienne membre du collectif mix’Art et professeur à la Maison des Arts.

Une forme de réciprocité vue d’un bon œil par l’adjointe à la culture. "C’est du donnant-donnant, les gens du quartier voient l’art en train de se faire au pied de chez eux, et les artistes peuvent quant à eux se nourrir du vécu de ces habitants et avoir le plaisir de transmettre et de partager leur discipline."

Si la crise sanitaire limite aujourd’hui les interactions, des temps de rencontre seront effectivement prévus dès que les conditions pourront le permettre. "L’art, on ne le retrouve pas que dans les musées ou autres centre culturels, c’est aussi ici, dans les quartiers, dans des lieux proches du quotidien des gens, qu’il se façonne" affirment en cœur les artistes des deux collectifs.