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Marc Caro, à perpétuité

Publié le 24.09.2019

Parrain du dernier festival Ciné-motion, le réalisateur Marc Caro est de retour à Saint-Herblain avec une exposition sur le mouvement perpétuel. Une plongée dans l’univers kaléidoscopique de cet artiste aux visages multiples.

Un Thaumatrope ou un Praxinoscope à la Maison des Arts ? Serait-on en train de rejouer Jurassic Park en plein cœur de Saint-Herblain ? Eh bien non, on y expose seulement les douces extravagances du réalisateur Marc Caro. Le monstre profane du cinéma français y présente son travail sur le mouvement perpétuel, visible du 25 septembre au 20 novembre. Pour l’occasion, l’artiste nantais donnera à voir certaines installations issues de la période pré-cinéma, à l’image du fameux Thaumatrope, drôle de jouet optique exploitant le phénomène de persistance rétinienne. Des objets forts appréciés de Marc Caro pour les effets déformants qu’ils engendrent sur la perception. "Ces boîtes créés pour l’occasion donneront à voir la boucle d’un mouvement perpétuel" explique de façon énigmatique le cinéaste dans une note d’intention.

Prendre le contre-pied des attendus, voilà une posture artistique à laquelle le réalisateur de Delicatessen et de La Cité des enfants perdus nous aura certainement habitués ces quarante dernières années. Passionné de dessin, Marc Caro commence par publier au début des années 70 son travail dans certaines revues d’avant-garde comme Metal Hurlant ou Fluide Glacial. Il y cultive un goût prononcé pour le fantasmagorique et le curieux. Il créé à cette époque la première revue française consacrée au cinéma d’animation, la bien nommée Fantasmagorie, en hommage à l’œuvre d’Émile Cohl, première du genre réalisée en 1908.

Esprit punk

La suite est plus connue. Après sa rencontre avec Jean-Pierre Jeunet en 1974 au Festival du film d’animation d’Annecy, Marc Caro bifurque progressivement vers le 7e art, auquel il lèguera par la suite deux œuvres majeures avec son comparse : Delicatessen en 1991, puis La cité des enfants perdus, en 1995. "À la base, mon univers cinématographique, ce sont des contes de fées, confiait Marc Caro à propos de son travail, en avril dernier. Des histoires que j’apprécie réactualiser à la sauce de la science-fiction."   

Une recette appliquée à toutes les disciplines dans lesquelles navigue Marc Caro, du dessin à l’audiovisuel, en passant par la musique. Avec un aspect qui frappe celui ou celle qui s’attarde sur son travail : le goût affiché du "détail", conférant ainsi aux atmosphères esquissées une réelle richesse narrative. "Ce qui me plaît dans le cinéma notamment, mais aussi en musique, c’est la fabrication, la mise en œuvre de l’idée de départ. C’est exaltant de tout faire par soi-même !", témoigne-t-il. Une disposition d’esprit qui résonne comme une évidence pour un artiste parti de rien : "Je viens d’une époque où le "Do it yourself" était érigé au rang de commandement. L’esprit punk, quoi."
Dans son exposition qui combinera projection et installations ludiques, Marc Caro promet de d’explorer les sensations du cabinet de curiosités afin, précise-t-il, de « retrouver ce regard d’enfant où tout spectacle résonne d’un aspect merveilleux ». Avec pour motif principal, celle du mouvement perpétuel – le « Perpetuum Mobile » - comme réflexion sur le temps et la condition humaine. Ça tombe bien, on en redemande.    

Perpetuum Mobile, du 25 septembre au 20 novembre à la Maison des Arts, 26 rue de Saint-Nazaire.
Vernissage en présence de Marc Caro le 25 septembre, à 19h. Entrée libre et gratuite.