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Sur les traces du passé agricole

Publié le 17.01.2020

 La Ville organise une collecte d’objets liés au passé agricole de Saint-Herblain. Témoignages, souvenirs et anciens outils seront recueillis.

Saint-Herblain,deuxième ville de l’agglomération nantaise, a longtemps été une commune rurale et agricole. Elle était même considérée comme la laiterie de Nantes, les fermiers allant chaque matin apporter le lait dans les commerces du nord-ouest de la ville.

"À la fin des années 1940, le bocage s’étendait à perte de vue avec des chemins et quelques routes comme voies de circulation. La majorité des 5 000 Herblinois vivaient et travaillaient dans des fermes de 10 à 12 hectares réparties sur le territoire", explique Thierry Martin qui a réalisé une étude sur l’agriculture herblinoise. Les paysans étaient pauvres et subsistaient grâce à une agriculture vivrière caractérisée par la présence dans chaque ferme de vaches laitières (des bretonnes pie noir), du cochon et de la basse-cour. Aujourd’hui encore quelques pressoirs subsistent et témoignent de la fabrication de jus de pommes."

Ces paysans pratiquaient deux types de techniques particulières : la coupe de roseaux des îles de la Mandine et du Massereau (Bouguenais) pour la litière des animaux de la ferme. Et également les vaines pâtures c’est-à-dire l’occupation des marais de Tougas par les bovins laissés en liberté de juillet à octobre-novembre " poursuit le technicien.

Au cours des années 1960, avec la mécanisation, les fermes doublent leurs surfaces cultivées passant de 12 à 25 hectares. Cependant l’organisation des exploitations reste la même, centrée sur les vaches laitières, le cochon, la basse-cour et quelques arpents de vigne. Au fil des années, l’urbanisation progresse favorisée par les expropriations, les épizooties (maladies animales), la mécanisation. De 1969 à 1974 le nombre de fermes passe de 118 à 62. En 1994, elles ne sont plus que 12.

Un travail de mémoire

Collecter des objets, des témoignages, c’est trouver les signes, les traces du passé qui ont marqué le paysage et la vie de hommes d'autrefois. Si vous gardez en mémoire des souvenirs, si vous possédez des photos, des outils, apportez-les. Organisée par la direction des affaires culturelles de la Ville, cette collecte servira à l’installation d’une exposition pour les Journées européennes du patrimoine de septembre 2020.

"Ce qui m’intéresse dans cette collecte sur le passé agricole, c’est de raconter, transmettre une mémoire de la vie d’autrefois sans nostalgie. Nous disposons de photos de la vie à la ferme et encore de quelques outils de travail comme des bacs à vendange, une barrique en bois, une trieuse", explique Marie-Thérèse Barrault intéressée pour participer à cette collecte.

Témoignage : "Gamins, on aimait monter sur le tracteur et sauter dans le foin"

Fille d’agriculteurs installés dans l’ancienne ferme des Ambroises dans le Bourg de Saint-Herblain, Marie-Thérèse Barrault se souvient de sa jeunesse : "Mes parents Francis et Thérèse Lucas ont tenu la ferme jusqu’en 1989, année de leur retraite. Leur vie était rythmée par les travaux des champs, la traite des vaches et le soin apporté aux animaux. Lever à 5h45, traite à 6h. Tournée de lait dès 8h du matin. Travaux dans les champs toute la journée et à nouveau la traite des vaches jusqu’à 19h. Une fois la traite finie, ma mère partait faire sa tournée dans le bourg de Saint-Herblain et s’arrêtait dans trois endroits : au début de la rue des Calvaires, place de l’église et devant la maison Boubée. À Saint-Herblain Bourg, plusieurs fermes étaient installées comme à la Chasseloire, à l’Essongère, aux Pellières (sous le Zénith actuel), au Clos-Ami, aux Haradières."

"Nous vivions au fil des travaux de chaque saison : les foins en juin vers Haute-Indre et dans les marais où a été construite la passerelle, les moissons en juillet-août, la plantation des betteraves et leur récolte en novembre. Après la classe, j’étais alors au collège, nous allions planter des betteraves au Moulin-Hérel. Gamins, on aimait monter sur le tracteur et sauter dans le foin ! Mon père s’était associé avec Monsieur Limousin un fermier de la Bernardière pour acheter leur moissonneuse-batteuse. Je me souviens que l’allure du Bourg n’était pas du tout la même avec un vallon qui descendait du haut de la rue de la Poste et un petit ruisseau qui courait jusqu'à l'actuelle rue Zimmer. Au fil des ans, l’exploitation s’est réduite pour laisser place aux lotissements. Mais, jusqu’au bout, mon père a cultivé sa vigne dans son propre jardin."

Infos pratiques

Les permanences de collecte ont lieu les vendredis de 14h à 17h de janvier à fin mars ou sur rendez-vous au 02 28 25 25 55 à la Longère de la Bégraisière rue François-Rabelais. affaires.culturelles@saint-herblain.fr