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Saint-Herblain en portraits, mai 2021

Publié le 26.05.2021

Tous les deux mois, le magazine municipal tire le portrait de celles et ceux qui font vivre Saint-Herblain. Salariés, bénévoles associatifs, artistes, étudiants, voici leurs Histoires vécues !

Sandrine Guinebretière

"Réparer mes sœurs"

Sandrine Guinebretière, dont la pratique s’inspire au quotidien du puissant slogan "Mon corps, mon choix, mon droit", est l’une des trois gynécologues qui pratique les reconstructions clitoridiennes dans l’agglomération.

2013. Coumba, jeune femme excisée, consulte Sandrine Guinebretière, gynécologue-obstétricienne à la clinique Santé Atlantique, pour une chirurgie réparatrice. "Je ne savais pas quoi faire", confie la chirurgienne. "J’ai eu envie d’apprendre et de prendre ma part pour aider ces femmes". Humilité, pragmatisme, détermination : voilà qui résume bien l’engagement de la praticienne pour les droits des femmes.

Dès 2014, elle se rend à Ouagadougou où elle assiste à une campagne de reconstruction clitoridienne. Elle y apprend les gestes pour dit-elle,  "réparer mes sœurs". Après Coumba, par le bouche à oreille, d’autres femmes la contactent. Parfois, Sandrine aborde le sujet en consultation.  "Si je constate des mutilations sexuelles et que la confiance est établie, j’en parle à la patiente. Certaines donnent suite, d’autres non. Mon rôle est simplement de les informer."

Aujourd’hui, Sandrine Guinebretière opère une dizaine de femmes par an au tarif Sécurité sociale, sans dépassement d’honoraires. Par choix. "On s’adresse en majorité à une population migrante, sans beaucoup de ressources : même si je travaille dans une clinique privée, je considère ça comme une mission de service public." Une mission qu’elle entend bien développer :  "je sais le faire, je peux le faire, et je veux que ça se sache !"

Pour tous renseignements, contactez le secrétariat de la docteure au 02 40 95 83 12.

Richard Corbe

L’alliance subtile de la force, de la minutie et de la patience

Richard Corbe, ici dans son atelier de menuisier-ébéniste, où l’on travaille le bois avec amour.

C’est un petit atelier discret niché au cœur de la zone artisanale d’Ar Mor. Ici, sous ce hangar à la jolie charpente en métal construit au milieu du siècle dernier, est installée depuis 1956 l’une des plus anciennes menuiseries herblinoises, la menuiserie Thireau. Richard Corbe, qui y a appris le métier tout jeune à la fin des années 80 et a repris l’entreprise à son mentor en 2017, vient de se voir décerner par la Chambre des métiers et de l’artisanat le titre honorifique de “maître-artisan”.

"Ça récompense un savoir-faire particulier, témoigne le chef d’entreprise de 49 ans. Deux conditions sont requises pour y prétendre : être en activité depuis au moins dix ans et participer à la transmission des connaissances en ayant au moins formé sept apprentis par le passé."

Menuisier-ébéniste de formation, Richard Corbe dirige aujourd’hui une entreprise de 8 artisans salariés, "aussi bien capables de poser des fenêtres que de créer des meubles sur mesure, car nous avons ici un atelier qui nous permet de travailler le bois de A à Z." Derrière cette récompense de maître-artisan, Richard Corbe voit ici la valorisation d’un métier, "alliance subtile de la force, de la minutie et de la patience". Un métier "certes difficile mais ô combien nécessaire dans la période actuelle de transition énergétique."  

Hommage à Blas Redondo, l’ami des hommes et des abeilles

En mémoire de Blas, né à Grenade en Espagne, ses amis ont planté un grenadier au cœur du jardin partagé.

Le 23 février dernier, Blas, 76 ans, est parti rejoindre le monde qu’il aimait, celui de la nature et des petites bêtes. Cet apiculteur amateur avait la main verte et faisait partie des fondateurs du jardin partagé du Tillay. D’un caractère affable et amical, cet ancien ortho-prothésiste s’était lancé dans cette nouvelle aventure avec l’enthousiasme et la générosité qui le caractérisaient.

Quotidiennement, il prenait part à toutes les évolutions du jardin : l’organisation spatiale des lieux, l’installation et le suivi du rucher, l’achat des essaims et la mise en pot du miel, la création des toilettes sèches, du composteur et de la mare pédagogique,... Blas Redondo faisait feu de tout bois.

Désireux de partager et de transmettre aux jeunes générations, il avait noué pendant plusieurs années, un partenariat avec le groupe scolaire Condorcet pour des visites guidées du jardin. Avec gentillesse, bienveillance et humour, il recevait les visiteurs, les assistantes maternelles du quartier avec leurs enfants ainsi que tous les jeunes participant aux ateliers de jardinage du vendredi après-midi.  Nul doute que tous garderont de Blas le souvenir d’un homme toujours partant et optimiste.