Imprimer Pdf

Le cyclotron Arronax fête ses 10 ans

Publié le 15.03.2019

Le cyclotron Arronax installé non loin du CHU Nord et du centre régional de lutte contre le cancer René Gauducheau célèbre ses 10 années d’existence. Il participe à la création d’une filière radiopharmaceutique de niveau mondial qui s’installera sur le site herblinois.

Tous les lecteurs des romans de Jules Verne auront reconnu le nom du professeur Pierre Arronax, personnage de « Vingt mille lieues sous les mers ». En réalité, le nom du cyclotron Arronax signifie tout autre chose : "Accélérateur pour la recherche en radiochimie et oncologie à Nantes-Atlantique"

Installé à Saint-Herblain, Arronax est le cyclotron le plus puissant au monde. Mardi 12 mars, une cérémonie était organisée pour souffler ses dix bougies. Cet équipement de pointe est unique en Europe et constitue un fleuron de la recherche nantaise en médecine nucléaire et en radiochimie.

La définition du cyclotron s’impose pour comprendre de quoi on parle. Le cyclotron est un accélérateur de particules de haute énergie et de haute intensité. Outil de travail très performant et de haute technologie, il permet à des équipes de chercheurs d’Europe et du monde entier d’avancer dans leurs travaux en médecine nucléaire, en physique et en chimie.

Un projet scientifique ambitieux

Quand l’idée du projet a vu le jour dans la tête des chercheurs au début des années 2000, la création du cyclotron était loin d’être gagnée. Malgré les obstacles, les pionniers ont tenu bon. "Pour ce type de projet, il faut y aller par vagues et ne rien lâcher" a affirmé Olivier Laboux président du GIP Arronax et de l’Université de Nantes. En novembre 2008 le cyclotron était inauguré et mis en service en 2011 avec le concours de l’Etat, de la Région, des collectivités locales et des acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur.
Afin de l’exploiter, un groupement d’intérêt public nommé Arronax est créé dès 2007, réunissant l’État, la région, le CNRS, l’INSERM, l’Université de Nantes, l’Institut Mines Télécom Atlantique, le CHU de Nantes et l’Institut de cancérologie de l’Ouest. En 2019, 48 salariés permanents y travaillent. Les choix scientifiques sont soumis à l’avis d’un comité scientifique international.

Applications médicales et recherche

Depuis 2012, le groupement d’intérêt public (GIP) Arronax accompagne le développement d’applications médicales. Son travail est reconnu à l’échelle mondiale avec l’obtention des agréments de l’administration américaine et de l’Agence nationale de sécurité du médicament pour l’une de ses productions servant à l’imagerie cardiaque.

Depuis 2018, le GIP contribue activement à des essais cliniques de diagnostic et de thérapie des cancers en produisant des médicaments radiopharmaceutiques. 
Le site herblinois accueille de nombreux stagiaires et doctorants (26 en 10 ans dont 15 ont soutenu leur thèse) ainsi que des travaux pratiques (licences professionnelles et master).

Une filière à construire

En 2019 le GIP Arronax et ses partenaires travaillent pour bâtir un pôle scientifique de plus grande ampleur. Une extension de 10 000 m2 a été demandée par le GIP Arronax. L’amorce d’une filière radio-pharmaceutique est en cours d’étude avec l’arrivée sur le site herblinois d’un grand industriel du secteur de la pharmacie. L'enjeu pour Saint-Herblain est de conserver et de renforcer ce pôle scientifique et médical de premier plan alors que le CHU Nord est appelé à déménager sur l'île de Nantes à l'horizon 2026. L'ICO René-Gauducheau restant quant à lui à Saint-Herblain.