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École Mandela : "Pour nous, la lutte continue"

Publié le 11.05.2022

Depuis plusieurs semaines, les parents d’élèves de l’école Mandela se mobilisent pour que l’établissement soit intégré au Réseau d’éducation prioritaire (REP). Un mouvement soutenu par les enseignants et le maire de Saint-Herblain, Bertrand Affilé.

Ce vendredi 13 mai, ils seront des dizaines de parents et d’enseignants de l’école Mandela à faire le piquet de grève quartier Petit-Port à Nantes. Là, devant les portes du Rectorat de l’Académie, ils réclameront haut et fort ce qu’ils revendiquent pourtant à cor et à cris depuis 2015 : le passage de l’école en Réseau d’éducation prioritaire (REP).

"En 2015, on nous a retiré, au grand désarroi de l’équipe enseignante et des parents de l’époque, le label REP à la suite du remplacement de l’ancienne école de l’Angevinière par l’école Mandela, rappelle Élodie Couturier, représentante des parents d’élèves. Nous en avons pourtant toutes les caractéristiques, notamment au regard des taux de pauvreté qu’on a dans le quartier. L’intégration en REP nous permettrait d’avoir des moyens supplémentaires considérables, c’est pourquoi nous nous mobilisons aujourd’hui."

Silence de l’Inspection académique

Après une première manifestation le 10 avril dernier, les parents et enseignants se sont de nouveau rassemblés devant l’école le 6 mai dernier. Entre-temps, plusieurs courriers ont été envoyés à l’Inspection académique.

Une mobilisation médiatisée qui a forcé l’Inspection académique à sortir de son silence sans pour autant donner quitus aux manifestants. "Ils nous ont dit qu’ils comprenaient nos inquiétudes mais qu’ils ne pouvaient pas donner suite à nos revendications car il faut selon eux attendre le remaniement de la carte scolaire, ce qui nous fait attendre encore 3 ans, a minima, s’insurge Élodie Couturier. C’est inacceptable, d’autant qu’il y a d’autres façons de nous octroyer le REP, comme le rattachement au collège Renan*, ce qui aurait du sens d’un point de vue social et pédagogique. Donc pour nous, la lutte continue." 

"Soutien plein et entier"

Les contraintes qui pèsent sur le quartier, et donc sur les familles des élèves scolarisés à Mandela, sont pourtant bien connues : familles allophones, précarité, surreprésentation des familles monoparentales…"Mandela, c’est plus d’une trentaine de nationalité, rappelle ainsi le maire, Bertrand Affilé, qui était aux côtés des manifestants le 6 mai dernier. Comment voulez-vous donner une chance à ces enfants qui, pour beaucoup, partent lestés d’importants désavantages, si vous ne donnez pas les moyens à l’école de les instruire ? La méritocratie n’existe pas dans ces conditions. Le passage en REP est nécessaire."

Alors que les effectifs par classe frôle (voire dépasse) les 25 élèves, le passage en REP permettrait en effet de les plafonner à 20 et débloquerait automatiquement le dédoublement des classes de CP et CE1. Un passage en REP serait également synonyme de reconnaissance financière pour l’implication des enseignants, bien plus importante avec des élèves en grande difficulté scolaire. Et donc, in fine, d’éviter le turn-over actuel des postes d’enseignants qui pénalise les élèves.

"Depuis 2015, j’écris au ministre ou aux représentants locaux de l’Éducation nationale pour alerter sur cette situation ubuesque, se souvient le maire, Bertrand Affilé. Mais je n’ai jamais eu de réponse à mes missives, ou alors des fins de non-recevoir. Aujourd’hui, on arrive à une situation où les parents et les enseignants ressentent une très grande injustice et je les comprends parfaitement. C’est pourquoi ils ont mon soutien plein et entier, et je serai à leurs côtés si une rencontre est organisée avec le recteur."

En attendant, les parents d’élèves promettent déjà d’autres actions si leurs voix ne sont pas entendues. 

* L’école est aujourd’hui rattachée au collège Gutenberg

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