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Scolarité : le coup de pouce de la Ville

Publié le 29.09.2021

À travers les quatre centres socioculturels municipaux, la Ville et les associations socio-éducatives (ASEC) proposent un accompagnement des élèves en délicatesse avec l’école, mais aussi des activités socioéducatives collectives, afin d’éviter les décrochages.

"Parfois, les instituteurs des enfants que nous accompagnons nous font remarquer à quel point ils ont progressé en quelques semaines. Je vous avoue que dans ces moments-là, on se sent fier de notre engagement." Voilà près 20 ans qu’Annick Bolo, retraitée de l’Éducation nationale, donne bénévolement de son temps pour aider les enfants en difficulté à l’école. Passée par le centre socioculturel (CSC) du Soleil Levant, elle officie désormais au Sillon de Bretagne où elle épaule deux enfants de 6 et 7 ans, à raison de 4h par semaine. Quand on l’interroge sur les raisons de son engagement, elle dit : "Quand est arrivé le moment de la retraite, je me suis sentie un peu perdue. J’avais besoin de me sentir utile, de participer à une mission d’intérêt général : l’aide aux devoirs était une bonne solution." 

Comme Annick, ils sont des dizaines de bénévoles à s’investir dans les quatre centres socio-culturels pour accompagner la scolarité des enfants en difficulté. "En réalité, il y a deux grands types de besoin, explique RajaÏ Bimbo, coordinateur de l’Association socioéducative du Sillon de Bretagne, qui met en œuvre le projet social du CSC. Il y a, d’une part, les élèves en difficulté qui doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement individuel pour faire leurs devoirs et approfondir des choses qu’ils n’ont pas compris à l’école. Et d’autre part, des jeunes qui s’en sortent à l’école, mais qui ont tout de même besoin d’activités pour se stimuler intellectuellement. Nous essayons de proposer des solutions à ces deux types de public."

Bonne volontés

Partant de ce constat, le CSC du Sillon, à l’instar des CSC du Grand B, de l’Espace 126 dans le Bourget du Soleil-Levant, propose ainsi à la fois des soutiens individuels, mais aussi des activités collectives. Au Sillon, l’aide aux devoirs cohabite ainsi avec la découverte ludique des sciences grâce aux ateliers de l’association des Petits Débrouillards ou des groupes de lecture à voix haute en français et anglais. "Avec ces ateliers, on permet aux enfants de s’exprimer à l’oral, une forme d’expression plutôt mise de côté à l’école en France, explique Rajaï, dont les origines américaines lui permettent de comparer les deux systèmes scolaires. C’est très positif pour eux, ça les conforte dans ce qu’ils peuvent apprendre de façon un peu académique à l’école."

Pour faire fonctionner ces activités, le CSC s’appuie sur des financements de partenaires, au premier rang desquels se trouve la CAF de Loire-Atlantique. "On peut rémunérer quelques intervenants de la sorte, mais nous ne leurrons pas : nous fonctionnons quasi-essentiellement avec des bénévoles, tient à préciser Rajaï Bimbo. Or, depuis la crise sanitaire, nous sommes passés de 30 bénévoles réguliers à 15. Nous avons un besoin pressant de bonnes volontés."

"Plus que de l’aide aux devoirs"

Au Grand B aussi, les bonnes volontés sont les bienvenues. Dès le mois de novembre seront proposés des temps d’accompagnement scolaire du CP au CM2, composés à la fois d’une aide aux devoirs, mais aussi de jeux pédagogiques, d’exercices de respiration et de sorties culturelles ponctuelles. "L’accompagnement à la scolarité, c’est plus que de la seule aide aux devoirs, c’est tout ce qui permet aux enfants de réussir à l’école, plaide Matthieu Keppy, responsable à la Ville du service de l’action socioculturelle. L’idée, c’est de mobiliser toutes les ressources dont l’enfant a besoin pour réussir à l’école, et qu’il ne trouve pas toujours dans son environnement familial ou social".

Dans la salle d’activités au CSC du Grand B résonne ainsi ce jour-là quelques mots d’anglais dans un accent encore hésitant. Sebghi, Zaïneb, Shila et Hayden, quatre jeunes du quartier âgés de 5 à 12 ans, se frottent à la langue de Shakespeare. "Great, good job !", s’exclame Véronique, l’intervenante qui leur fait faire quelques exercices de diction. "Ça me semble important ces ateliers d’approche de l’anglais, témoigne-t-elle. Non seulement, ils auront peut-être moins de mal quand ils commenceront véritablement l’apprentissage au collège, mais en plus ça leur permet de s’ouvrir à de nouveaux horizons et de rester éveillés."

Les parents aussi

À ces ateliers destinés aux enfants s’ajoutent, comme au CSC du Soleil-Levant, un travail accru sur la parentalité afin de soutenir les parents dans le suivi scolaire de leurs enfants. "Faire réussir les enfants à l’école, c’est aussi créer un environnement propice à la réussite, notamment dans le quartiers populaires, comme ici, complète Anthony Rubio, animateur au CSC du Grand B. Pour moi, c’est un tryptique : travailler auprès des enfants, des parents si nécessaire et enfin de la relation parents-enfants. Et forcément ça demande du temps, un suivi régulier qu’on ne peut réaliser sans l’aide de bénévoles. Mais quand on voit des gamins s’en sortir, la récompense est immense."

Infos pratiques

Votre enfant a besoin d’un coup de pouce ? Vous souhaitez devenir bénévole ? Contacter les centres socioculturels !

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