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Cancer : l’ICO ausculté par François Gauducheau

Publié le 11.01.2022

Le nouveau documentaire "Affronter le dragon" de François Gauducheau nous entraîne à l’Institut de cancérologie de l’Ouest (ICO) à Saint-Herblain. Un film hommage aux soignants et soignantes et à son grand-oncle, René Gauducheau créateur il y a 100 ans, d’un centre autonome de soins et de recherche.

Nous sommes à Saint-Herblain, au centre régional de lutte contre le cancer René-Gauducheau. Dans ce reportage alternant photos noir et blanc de ce grand oncle précurseur de la médecine nucléaire et images filmées en 2020 et 2021, on découvre l’engagement des personnels de ce centre de soins reconnu pour son expertise.  

Au fil de ces 52 minutes, nous entrons dans le quotidien des soignants et des soignantes : opérer pour Charlotte, écouter et apporter du réconfort aux patients pour Mado, les guider et les accompagner jusqu’à la salle d’opération ou de soins pour Sylvère, déterminer les traitements anti-cancer pour Anne, installer les patients dans le scanner ou l’IRM pour Élise, encadrer une équipe d’infirmiers pour Frédéric, diriger l’établissement pour Mario Campone.

Des complices au quotidien

De l’hôtesse d’accueil à l’équipe de direction, les équipes sont soudées et dévouées, au service des malades. Le rythme de travail est soutenu, les gestes précis et  coordonnés dans la lutte contre la maladie. "Le cancer est né avec l'humanité, il est né avec la vie. Bien évidemment, on a fait des progrès, bien évidemment on guérit de plus en plus de cancers. Mais on doit mettre le paquet sur les cancers qu'on ne guérit pas. Malgré la technicité, la cancérologie reste très humaine" confie Mario Campone, oncologue et directeur de l’ICO. Mado, onco-esthéticienne, travaille depuis 30 ans à Gauducheau : "Je prends le temps d’écouter chaque patient, d’échanger avec eux". Pour Anne, oncologue et chercheuse en médecine, "on ne sait pas tout d’une cellule cancéreuse qui évolue constamment". Comme une respiration bienvenue dans ce combat, on suit les soignants dans leurs loisirs : plongée sous-marine, apiculture, improvisation théâtrale, marche nordique, méditation de pleine conscience. Des moments de pause bienvenus pour se vider la tête.

Du côté des patients, tous sont unanimes pour saluer leur prise en charge : "Vous prenez le temps de nous écouter. On sent que vous faites votre travail par amour pour les gens" dit une patiente alitée qui exprime aussi son angoisse face à la maladie. Il faut dire que les bénéfices réalisés par l'établissement herblinois sont utilisés pour améliorer la qualité de vie des patients accueillis.

René Gauducheau, un pionnier de la radioactivité

François Gauducheau, le réalisateur est heureux que son film ait pu voir le jour. "D’une certaine façon, j’ai bénéficié du contexte de la crise sanitaire. Au printemps 2020, les gens applaudissaient les soignants. France 3 Pays de Loire a estimé que c’était le moment de le réaliser". Pour le documentariste, ce film a une résonance familiale. "René Gauducheau fondateur du centre il y a 100 ans était mon grand-oncle. Ancien élève de Marie-Curie, il a toujours gardé à l’esprit le principe que la recherche ne doit pas être séparée du soin. Il fait partie de ces pionniers utilisateurs de  la radioactivité pour soigner les tumeurs. Il n’a laissé aucun écrit hormis des publications scientifiques et des documents sur la fondation du centre qui porte son nom. Il était le silencieux de la famille, un peu perdu dans ses pensées."

18 centres comme celui-ci existent en France. Établissements privés à but non lucratif, ils participent au service public de la santé depuis la réforme hospitalière de la loi de 2002. 
Ce documentaire sera diffusé sur France Pays de Loire jeudi 3 février à 22h30.

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