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Alexandre Dipoko-Ewané, au sommet de son art

Publié le 12.11.2019

Né avec une paralysie partielle du bras gauche, Alexandre Dipoko-Ewané défie les lois de l'attraction universelle dans sa pratique du saut en hauteur.

S’élancer, et prendre de la vitesse. Un peu d'abord, puis beaucoup. Au bout de la piste, donner l’impulsion fondamentale. Et finalement sauter, le regard vers les cieux...Ces gammes, Alexandre Dipoko-Ewané, 23 ans et champion d’Europe handisport de saut en hauteur, les répète inlassablement depuis l’adolescence. "La performance se joue sur des détails infimes, explique doctement le jeune homme. C’est ce qui permet de viser toujours plus haut".

Bonne détente

Né avec une paralysie partielle du bras gauche, Alexandre se destine à l’origine au football, histoire de marcher sur les traces d’un paternel joueur professionnel avec l’équipe du Cameroun. "J'ai grandi à Bellevue, place Mendès-France. Là-bas, il n'y a que le foot qui compte, ça permet de sortir du quartier". L'athlétisme, en particulier le saut en hauteur, il le découvre vers l'âge de 10 ans. Et tombe vite dans l'adoration d'un sport où il faut "courir et sauter plus haut que les autres". "Ce que je faisais déjà tout petit sans savoir qu'un sport avait codifié le truc".

Turbulent, un peu rebelle, Alexandre tape tout de même dans l'oeil des entraîneurs qui louent sa "détente" et son "esprit de compétiteur". Malgré un parcours sportif en dents de scie, la faute à des blessures récurrentes au genou, Alexandre finit par décrocher un titre de champion d'Europe handisport en 2018, à Berlin.  

JO de Paris

Et son handicap alors ? Enfant, il n’en fait jamais état, préférant "ne pas être tenu à l’écart et regardé de travers". "Vous savez, là où j’ai grandi, ce n’est pas le genre de détails qui vous attirait la sympathie des autres." Sa rencontre avec l’athlétisme changera la donne. "Avec le sport, j'ai appris à mieux accepter ce bras que j'arrive à bouger mais que je n'arrive pas à contrôler totalement, comme lorsque je veux le maintenir en l'air", témoigne le sportif en mimant le geste.

Aujourd'hui, Alexandre vit totalement pour son sport, s'entraînant presque chaque jour. "La carrière d'un sportif est très courte. On a quoi devant, nous ? 10 ? Peut-être 12 ans ? Je me donne à fond car je n'ai pas envie de nourrir de regrets plus tard, en me disant : "Ah, si j'avais été plus rigoureux, peut-être que j'aurais réussi.." Demeure désormais pour le natif de Bellevue une idée fixe, qu'il essaie chaque jour de rendre plus concrète : les Jeux olympiques de Paris, en 2024.

Retrouvez Alexandre sur Instagram : @alexandre_dipoko_ewane

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