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Handisport : rencontres au sommet

Publié le 30.06.2021

Basket-fauteuil, badminton, volley-assis : trois sports exigeants, trois clubs sportifs engagés, trois portrait de sportifs de haut-niveau, qui illustrent une filière herblinoise handisport dynamique portée par des années d’engagement des clubs et de la Ville en faveur du sport pour tous.

Saint-Herblain, terre d’handisport ? Plusieurs clubs sportifs herblinois comptent parmi leurs licenciés des handisportifs de haut niveau évoluant au niveau national et international tels que Julie Marchand au Saint-Herblain Basket-Club (SHBC), Charles Noakes et Audrey Bellia-Sauvage au Badminton Club Saint-Herblain (BCSH), Mona Francis au Saint-Herblain Triathlon (SHT). 

Le SHBC, 1er club à ouvrir une section Basket fauteuil en Loire-Atlantique

La section basket fauteuil du SHBC fut la première à ouvrir dans le département en 2003. Rémi Turpin, aujourd’hui responsable de la section, avait cette idée en tête depuis quelques temps déjà. Touché personnellement par le handicap dans sa famille et président de l’APAJH 44 (Association pour adultes et jeunes handicapés de Loire-Atlantique), il a fait de l’accès au sport pour tous est une valeur chère à son cœur.

L’arrivée sur Saint-Herblain d’une joueuse de l’équipe de France de Basket Fauteuil qui souhaitait pouvoir s’entraîner dans un club a permis de concrétiser le projet. Les entraînements s’enchaînent et l’équipe de Basket Fauteuil du SHBC accède aux championnats de France dès 2007.

Aujourd’hui, la section handibasket du SHBC compte 25 licenciés et deux équipes engagées dans le championnat national, l’une en Nationale C - qui tient en cette fin de saison 2020-2021 l’occasion de monter en Nationale B - et l’autre en Nationale 2.

Julie Marchand, joueuse en équipe de France basket Fauteuil

Victime d’un accident en 2014, Julie Marchand découvre le basket fauteuil durant sa rééducation. Elle s’inscrit en club en 2017, lorsqu’elle quitte la région parisienne pour Le Mans pour suivre un master STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives). Deux semaines après son arrivée, on lui propose de jouer en compétition. Ce match fût le premier d’une longue liste. "Une fois qu’on y goûte, on veut recommencer" relate Julie Marchand, dont l’esprit de compétition a été forgé par 15 années de gymnastique. 

À l’occasion des championnats de France des moins de 24 ans en 2019, elle rencontre un coach du SHBC qui lui propose de venir s’entraîner à Saint-Herblain. "Je souhaitais m’améliorer, et le SHBC jouant à plus haut niveau que Le Mans, j’ai tout de suite accepté" explique-t-elle.

Les matchs en National C avec le club lui permettent de progresser continuellement et lui ouvrent la porte de l’Equipe de France en 2019. Après une année marquée par l’absence de stages avec l’équipe nationale féminine pour cause de Covid, Julie Marchand est reconvoquée trois fois cette année.

L’herblinoise rêve désormais de Paris 2024. "Ce serait un honneur pour moi de représenter mon pays et ma ville à Jeux paralympiques de 2024". Mais avant cela, elle prépare les championnats d’Europe qui auront lieu en 2021. Énormément soutenue dans son projet  par le SHBC, elle bénéficie de créneaux supplémentaires accordés par la Ville pour s’entraîner à l’espace sportif du Vigneau .

Elle-même très impliquée dans la vie du club, elle a récemment mis en place des séances de sport-santé à destination des personnes en situation de handicap.

L’inclusion en pratique au BCSH

Au BCSH (Badminton Club Saint-Herblain), il n’y a pas de section parabadminton. Valides et non valides s’entraînent ensemble dans une démarche d’intégration. Dès 2013, le club accueille sa première joueuse de parabadminton, Audrey Bellia-Sauvage.

Aujourd’hui, le club compte 8 licenciés handisportifs et s’est fait un nom dans le monde du parabadminton français, de par ses très bons résultats et son expérience d’accueil. Cinq médailles d’or ont été gagnées aux derniers championnats de France et l’un de leur joueur, Charles Noakes fait partie du top 15 mondial.

Charles Noakes, en route pour Paris 2024

Charles Noakes est un amoureux de sport. "Le sport m’a aidé à accepter mon handicap" explique-t-il. "Le sport unit, rassemble malgré les différences" poursuit-il. Après avoir pratiqué le football, le tennis et la natation, il souhaite tester le badminton et s’inscrit au BCSH en 2017. Il joue tout d’abord une fois par semaine avec les valides, puis avec les joueurs en fauteuils. Son niveau progresse vite et, encouragé par son entraîneur, il débute les compétitions.

Il entame une carrière professionnelle après l’obtention de son diplôme à l’Isefac en 2019 et intègre le pôle espoir des Pays de la Loire. "Le rythme est intense, avec 25 à 30 heures  d’entraînement par semaine" raconte-t-il. Son objectif ? Être sacré champion aux Jeux paralympiques à Paris en 2024. Pour réaliser son rêve, il enchaîne les tournois nationaux, européens et internationaux. Ses efforts paient puisqu’il est aujourd’hui 13e joueur mondial. Il remet en jeu son titre de double-champion de France les 2,3 et 4 juillet prochain aux championnats de France à Carquefou, un évènement co-organisé par le BCSH.

Pour suivre les performances de Charles Noakes :
Site internet : charlesnoakes.fr / FB : @viemaviebad

Une section de volley assis au SHVB en septembre

Cette dynamique incite d’autres clubs à ouvrir des sections handisportives. Ainsi le SHVB (Saint-Herblain Volley-Ball) ouvre une section de volley assis à la rentrée prochaine. Ce projet est né de la rencontre entre le président du club, Thomas Louédoc, et Thibaud Lefrançois, membre de la section volley assis du VBN (Volley-ball Nantes), lors de la semaine olympique et paralympique à l’école de la Bernadière.

Thibaud Lefrançois, l'esprit d'équipe sur tous les terrains

Thibaud Lefrançois, également membre de l’équipe de France de Volley assis, connaît une ascension fulgurante. Inscrit pour la première fois dans un club en mai 2019, il est convoqué trois mois plus tard en équipe de France en tant qu’attaquant-réceptionneur. Les règles du jeu sont les mêmes que le volley debout, mis à part que le filet est plus bas et les joueurs doivent toujours avoir une fesse à terre. "C’est un sport très physique qui fait travailler les abdos et les lombaires" explique Thibaud Lefrançois.

Soucieux de montrer une image positive du handicap, il créé l’association Tiik Taak Boom avec un partenaire de l’équipe de France pour faire des sensibilisations dans les écoles et entreprises. Une action qui se prolonge sur une chaîne Youtube du même nom sur laquelle les deux comparses retracent en vidéo leurs défis sportifs. C’est donc tout naturellement qu’il accepte d’aider à la création d’une section de volley assis au SHVB. Cette dernière ouvrira en septembre à tous, valides ou non valides, jeunes ou adultes, hommes ou femmes. Plus d’infos sur le site du Saint-Herblain Volley-ball.

Pour suivre le parcours de Thibaud Lefrançois, rendez-vous sur son compte Instagram : @thibaudlfr

Un manque de visibilité

Un même constat pour ces handisportifs de haut niveau : un manque de visibilité du handisport dans les médias. "Les matchs de tennis-fauteuil de Roland Garros n’ont pas été retransmis à la télévision alors qu’un français s’est hissé en demi-finale !" rapporte Julie Marchand.

Mais les mentalités changent. "Même si la France a du retard, le handisport se développe rapidement" explique Thibaud Lefrançois. Pour apporter leur pierre à l’édifice de la reconnaissance et de l’inclusion, les clubs et les athlètes ont développé des ateliers de sensibilisation dans les écoles et les entreprises. 

Le sport pour tous encouragé par la Ville

Le développement du handisport à Saint-Herblain tient aussi au soutien financier de la Ville aux associations sportives via les subventions, et à son investissement conséquent dans les équipements sportifs. Quinze millions d’euros ont été débloqués par la commune pour la réhabilitation du patrimoine sportif sur la période 2015-2022.

De nombreux gymnases ont été rénovés dernièrement : le gymnase du Hérault en 2015, l’ensemble sportif de la Bourgonnière en 2018 et les gymnases de la Sensive, de la Changetterie et la salle de tennis de l’Orvasserie en 2019. Les deux prochains gros projets sont la rénovation complète du gymnase Ernest Renan  ainsi que la création d’un pôle de rugby au Vigneau. Un de impératifs communs de ces projets, pensés en lien avec les clubs utilisateurs : l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. La qualité des équipements sportifs contribue à l’attractivité des clubs sportifs herblinois et permet de soutenir et d’encourager toutes les personnes, valides ou non valides, dans leur pratique sportive.

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