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Philippe Jarret, bien dans son basket

Publié le 26.09.2019

L’entraîneur de l’équipe phare du Saint-Herblain Basket Club (SHBC), qui évolue cette année en nationale 3, s’épanouit dans un club qu’il a rejoint il y a 31 ans.  

Au printemps dernier, Philippe Jarret et l’équipe première du SHBC fêtaient en grandes pompes leur remontée en Nationale 3. Quatre mois plus tard, retour sur les parquets pour le match inaugural de la saison, face à Brest. Une rencontre entre deux équipes que tout oppose, à commencer par les moyens dont elles disposent. " On s’est inclinés 83 à 58, soit 25 points d’écart, détaille sans fard le coach maison. C’est dur à encaisser sur le moment mais l’équipe s’est tout de même bien battue. De ce point de vue-là, je suis fier de mes joueurs. La saison va être longue et concurrentielle mais on va tout faire pour se maintenir, en travaillant dur pour ça. " 

S’investir dans un club et travailler dur pour le faire grandir, Philippe Jarret connaît. Voilà 31 ans qu’il passe ses journées et son temps libre au SHBC, qu’il a rejoint dès l’âge de 19 ans. D’abord comme joueur, au poste charnière de meneur de jeu. Puis très vite, dès l’âge de 22 ans, comme entraîneur-adjoint à temps plein. "J’ai commencé le basket dès l’âge de 6 ans dans un club qui s’appelait la rue de Morlaix. J’ai commencé à entrainer mes premières équipes à 14 ans. Plus tard, alors que j’étais assistant de l’équipe 1, j’ai été obligé de choisir entre l’équipe dans laquelle je jouais et celle dont je m’occupais, se souvient-il. Et j’ai choisi d’entraîner. C’est très complet comme rôle."  À cette époque, en 1988, le club qui s’appelle encore l’Union fraternelle Saint-Herblain, évolue à un niveau semi-professionnel, en Nationale 2, l’antichambre de la Pro B.         

Rétrogradation

Bâtie sur un modèle économique friable, le club vit alors des subventions des collectivités, et notamment la Ville de Saint-Herblain. Jusqu’au jour où les dettes accumulées finissent par le rendre insolvable. La sentence tombe le 8 mars 1996 : le club est liquidé. " L’USFH accusait 700 000 francs de dettes, près de 100 000 euros, explique Philippe Jarret. La liquidation a été un moment très difficile à vivre. Rendez-vous compte qu’on avait alors près de 350 licenciés, comme aujourd’hui ! Pour tous ces gamins, c’était inconcevable d’arrêter le basket ".  De cet épisode traumatique, certains à l’instar de Philippe Jarret décident de faire une force pour rebâtir un nouveau club. Cela sera le SHBC. " Nouvelle gouvernance, nouveau projet de club avec un accent particulier mis sur la formation des jeunes joueurs, ouverture de sections féminines et handi-basket…On a tout remis à plat".

Philippe Jarret est de ceux ainsi qui participent à la reconstruction du club. Et qui lui confèrent une forte assise dans le Bourg, d’abord au gymnase éponyme. Puis à celui de la Changetterie, refait à neuf par la Ville, depuis le printemps dernier. " C’est un très bel équipement pour jouer au basket : le parquet, l’éclairage et les tribunes sont neufs et de très bonne qualité. Une fois que la salle de convivialité et les vestiaires seront sortis de terre, ça sera l’idéal. "

Philippe Jarret est aujourd’hui le salarié à temps (plus que) plein d’un club qu’il dit avoir dans la peau. " Ma femme fait partie intégrante du club, elle s’occupe des sponsors. Heureusement qu’elle est passionnée comme moi, sinon je serai célibataire à l’heure où je vous parle, plaisante-t-il. Parce qu’entre les entraînements, les matchs à l’extérieur, les inscriptions, la gestion des créneaux, l’animation du club, c’est presque du 7 jours sur 7. Mais que voulez-vous, c’est la rançon de la passion. " 

Au-delà du seul aspect sportif de son équipe qui évolue dorénavant en N3 – " le maintien est le meilleur objectif qu’on puisse se donner " - c’est surtout une meilleure structuration du club que le coach passionné tente de construire. " Mais pour ça, il faut des dirigeants et des bénévoles qui s’en donnent les moyens. Une problématique qu’on retrouve dans tous les clubs amateurs ", conclue-t-il. Pour que vive le basket à Saint-Herblain.