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La Crémetterie

À 5 km du bourg de Saint-Herblain, là où vivait autrefois une population rurale parsemée, se trouvait une ferme mal desservie par des chemins creux : la Crémetterie…

Vue de la ferme de la Créméetterie en 2007
L'ancienne ferme de la Crémetterie illustre une brochure de 2007 sur l'histoire du quartier, écrite par Daniel Porcheret.

La Crémetterie est aujourd’hui un micro-quartier inscrit dans les limites des boulevards Charles-Gautier, du Tertre, Allende et autour de la rue de la Blanche. Mais à l’origine, c’est une ferme dépendant de la Branchoire – un nom qui apparaît pour la première fois sur des documents en 1669 – et qui fera partie du marquisat des Blanchard de la Musse jusqu’au 19e siècle.

Avant la Seconde Guerre mondiale, on ne compte ici que la ferme, quelques maisons disséminées, un café de la Maison Blanche au bord du chemin reliant Saint-Étienne-de-Montluc à Nantes. Toutes les terres sont restées agricoles. Mais les habitants exercent désormais des professions tournées vers le développement de Nantes : carriers, maçons, paveurs…

La guerre va bouleverser la donne. Sous l’Occupation, les Allemands s’installent à la Branchoire et font raser toute la végétation jusqu’à Nantes pour leur zone de défense. Après les bombardements de 1943, des terrains de la Crémetterie font l’objet d’une cession provisoire entre Nantes et Saint-Herblain pour y installer des sans-abris. A partir de 1948-1949, plus de 100 baraquements abritant près de 250 familles vont constituer alors un village nouveau. Une première école est ouverte en 1950.

Au début des années 1950, M. Riboud achète des terrains agricoles et crée une société anonyme pour y construire des logements en dur. Il lui est délivré un permis de construire global, ce qui est nouveau à l’époque. Entre 1955 et 1964, sur l’emplacement des baraquements et autour, un grand lotissement est édifié par tranches. Il reprend le nom de la Crémetterie et ses habitants – plutôt d’origine populaire – s’appellent eux-mêmes… "la crème" !

Le quartier s’agrandit peu à peu jusqu’à remplir tout l’espace agricole. Le square et la place du marché se substituent aux dernières baraques et, avec le petit centre commercial, représentent depuis le cœur du quartier. L’arrivée du tramway modernise l’image des lieux et le quartier se rajeunit.

La dernière touche est la ZAC des Tilleuls qui, par son implantation, a amené l’école à se déplacer afin de laisser la place à un ensemble de 200 logements. C’était le seul espace libre du secteur, occupé auparavant par un supermarché et son grand parking bitumé. Son inauguration a eu lieu en 2011.

Vue aérienne de la Crémetterie en 1972 par Heurtier
Vue aérienne de la Crémetterie en 1972 (photo Heurtier).