Imprimer Pdf

Simone Le Moigne, peintre bretonne

Herblinoise pendant 26 ans, Simone Le Moigne s’est fait un nom dans l’art naïf.

"Peindre et revivre", c’est le titre du livre écrit par sa fille Anne Vinesse. Il résume à lui seul l’effet de résilience que la peinture a opéré sur Simone Le Moigne. Peindre est pour elle une façon de se plonger dans ses souvenirs et d’en garder le meilleur. Elle fait partie des grands peintres naïfs français du XXe siècle.

Née en 1911 dans une famille unie à Magoar dans les Côtes-d’Armor, Simone vit au rythme des saisons et de la vie paysanne aux côtés de ses trois sœurs, de ses parents et de la famille élargie aux tantes et aux oncles. Son enfance est ponctuée par les travaux de la ferme, la vie au village, les pardons, les mariages, les feux de la Saint-Jean. En pension chez les religieuses, la vie est dure et les élèves n’ont pas le droit de parler breton sous peine de porter un sabot autour du cou.

N’ayant pu poursuivre ses études après le certificat d’études primaires, Simone Le Moigne part travailler dans les champs. Bonne observatrice, elle engrange les images qui lui serviront plus tard pour sa peinture.

En 1935, elle épouse Guillaume Le Bris, sabotier. Les difficultés économiques, la dureté de la vie n’épargnent pas le couple qui doit déménager avec ses deux enfants à plusieurs reprises en région parisienne et trouver des emplois alimentaires. En 1968, le couple se sépare.

Une "vraie naïve"

C’est alors qu’employée de maison, elle tombe sur une boîte de peinture abandonnée par le fils de la maison. À 58 ans, sans avoir jamais pris de cours, en parfaite autodidacte, elle ébauche ses premières peintures avec ce qu’elle a sous la main : des aiguilles à tricoter, une épingle à cheveux. Encouragée, elle consacre désormais sa vie à la peinture. Elle s’installe à Saint-Herblain dans le quartier de Preux.

"Avant de commencer à peindre, mon tableau est fini dans ma tête", explique Simone, que la joie de peindre ne quitte plus. C’est sa bouée, son bonheur : "Je ne veux peindre que les bons souvenirs, il ne faut pas peindre les malheurs". Sa peinture colorée et issue de son imagination révèle ce tempérament optimiste.

L’artiste laisse courir ses souvenirs, sa mémoire. Elle aime peindre et dessiner la vie rustique d’autrefois, les traditions de la vie paysanne et rurale de son enfance. Elle ne s’encombre pas de règles, de théorie, préférant inventer sa propre technique et son style. "C’est une femme libre,  authentique, qui n’a subi aucune influence, c’est une vraie naïve", complète Anne Vinesse.

1 500 tableaux

Simone Le Moigne voudrait tout dire. Du coup, elle opte souvent pour des grands formats, comme "L’histoire du pain" (acquis par la Ville) qui fait 8 m de long !
Femme d’expression à part entière, elle se fait volontiers poète et écrivaine pour transmettre son passé. Denise Delouche, historienne de l’art, la décrit volontiers comme un témoin et un peintre-poète.

Simone Le Moigne s’éteint en avril 2001 et est enterrée au cimetière de l’Orvasserie. Au total, elle aura peint environ 1 500 tableaux. Certains sont exposés dans des musées (Nice, Lugano en Suisse, Nantes) ou font partie de collections publiques et privées (américaine, irlandaise, portugaise, israélienne…).

Plus d'infos sur le site consacré à Simone Le Moigne

Simone Le Moigne

Œuvres de la peintre Simone Le Moigne (1911-2001)