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Le domaine de la Bourgonnière

Au sud du Bourg, cette ancienne terre herblinoise a connu de nombreux propriétaires.

Le domaine de la Bourgonnière occupe l’espace délimité aujourd’hui par les rues Jean-Marie-Brûlé au nord et la vallée de Tougas au sud. Ce domaine a connu depuis le XVIe siècle de très nombreux propriétaires, familles bourgeoises et/ou nobles.En 1568, le domaine appartient à Jeanne Michaël, épouse de Jacques Cybouault, puis en 1594 à Guillaume Blanchet et son épouse Marthe Cadaran.

En 1618, il revient à Louise Blanchet et Mercure Michaël, qui font construire le château. En 1680, on y célèbre le mariage de Renée Michaël à Jean-Baptiste Le Long du Dréneuc, chevalier, écuyer du Roi. La Bourgonnière connaît un nouveau propriétaire en 1781 suite à l’union de Marie-Angélique Le Long et de Jean-Marie Binet de Jasson. Cette famille noble détient un patrimoine foncier déjà très important dans le comté nantais, notamment le pays de Retz.

Vendue comme bien national

L'ancien château qui n'existe plus.
L'ancien château de la Bourgonnière n'existe plus.

Le 24 pluviôse de l’an II (12 février 1794), Marie-Angélique Le Long demande le divorce en raison de l'émigration de son mari. Il s’agit du premier acte d’état-civil de ce type enregistré à Saint-Herblain. Son souhait réel était de conserver le domaine car la propriété doit être vendue comme bien national. C'est ce qui se produira deux ans plus tard.

Lors de cette vente, les officiers municipaux de Saint-Herblain mentionnent la présence d’une maison principale, d’une maison fermière comprenant cour, écurie, ménagerie, boulangerie, pressoirs, caves et celliers. Les bâtiments sont clos de murs en partie en ruines et le portail d’entrée communique avec deux basses-cours. L’ensemble est acquis par le négociant nantais Julien Robergeau pour la somme de 62 852 livres.

Marie-Angélique Le Long retrouve la Bourgonnière après la Révolution mais on ignore de quelle manière. Elle l’a probablement rachetée. En 1798,  elle épouse en secondes noces Jean-Baptiste Guitton qui est nommé maire de Saint-Herblain le 23 novembre 1807.

Rachetée par les Forges de Basse-Indre

Une partie du domaine a été préservée et est devenue le parc de la Bourgonnière

En 1841, le château de La Bourgonnière est habité par Marie Binet, fille du premier mariage de Marie-Angélique Le Long et veuve d’Alexandre Carré de Lusançay, et ses deux enfants ainsi que leurs quatre domestiques. Au recensement de 1846, seuls le fermier Jean Guérin et son épouse, sont évoqués. En 1849, le domaine est acheté par un certain Caillé, négociant à Nantes, pour la somme de 110 000 francs. On y fait d’importants travaux de réparations à cette époque. En 1906, on mentionne un autre propriétaire, un dénommé Houssay. Il y possède trois fermes qui sont exploitées par Jean-Marie et Pierre Brûlé et la famille Moulet.

En 1919, la société des forges de Basse-Indre acquiert le domaine, fait abattre les arbres et vend le bois. Depuis 1945, les terres ont été progressivement loties. La demeure est devenue une maison de retraite qui est agrandie par de nouveaux bâtiments. Le parc, quant à lui, est préservé et accueille aujourd’hui la piscine municipale.