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Le moine Saint Hermeland

La commune de Saint-Herblain tire son nom de ce religieux qui vécut au 7e siècle, sous les rois mérovingiens.

Son patronyme nous est parvenu sous différentes orthographes : Hermeland, Ermeland, Herbland ou Erbland. Il est à l’origine du nom de la paroisse puis de la commune de Saint-Herblain. Sa vie est connue par la "Vita Hermelandi" écrite à la fin du 8e siècle ou au début du 9e siècle, qui recense les différents miracles qu’il aurait réalisés.

D’origine germanique comme le laisse entendre son nom, Hermeland est né aux alentours de 645 dans la région de Noyon dans l’Oise. Issu de l’aristocratie, il fait de brillantes études et devient grand échanson à la cour de Clotaire III.

Un monastère sur l'île d'Indre

Malgré les attraits du monde et la belle fortune qui s’offrait à lui, il se retire à l’abbaye bénédictine de Fontenelle, dans le diocèse de Rouen. Sa vertu et sa piété sont rapidement remarqués et il est ordonné prêtre par l'archevêque Ouen.

Vers 673, il est chargé par l’abbé Lambert, à la requête de l’évêque de Nantes, de fonder un monastère dans le pays nantais. Hermeland arrive avec 12 religieux bénédictins et choisit une île pour son isolement et sa position centrale dans la Basse-Loire. Il l’appelle "Antrum", nom francisé en "Antre" qui deviendra plus tard Aindre. Les travaux commencent rapidement : outre les cellules des religieux et les communs, deux églises sont bâties, dédiées à Saint-Pierre et Saint-Paul en référence à l’abbaye de Fontenelle qui elle-même comptait deux églises ainsi dédiées.

Des reliques vénérées

La nouvelle abbaye d’Indre devient un foyer d’évangélisation important. Bénéficiant de dons et privilèges, en particulier de la part du roi des Francs Childebert III, elle rayonne du pays nantais aux pays d’Ancenis et d’Herbauge  jusqu’au Vannetais et au sud de Rennes.

De par ses voyages, Hermeland déploie son influence bien au-delà du territoire de son abbaye, comme en attestent les titres donnés aux églises jusqu’en Aquitaine. Puis, après avoir gouverné l’abbaye pendant 30 ans, il décide de renoncer à sa charge pour se consacrer à la prière. Il choisit de s’établir seul dans un ermitage élevé sur la petite île d’Indret. C’est là qu’il meurt en 720.

Son culte posthume se développe autour de son tombeau, placé dans la basilique Saint-Pierre du monastère d’Indre. En 843, les envahisseurs normands dévastent les lieux. Seuls subsistent les murs du monastère. L’abbaye ne sera jamais rétablie : Aindre devient un simple prieuré rattaché à l’abbaye de Bourg-Dieu en Berry.

En 859, les reliques de Saint-Hermeland sont déposées au monastère de Beaulieu en Touraine puis transportées dans une chapelle à Loches. Elles sont sauvées pendant la Révolution par des habitants et en 1848, elles retrouvent la Basse-Loire. Trois reliquaires sont construits dont l’un est déposé depuis dans l’église paroissiale de Saint-Herblain.

En savoir plus

L'histoire de Saint-Herblain


La Bretagne historique, dont elle fait partie, la reconnaît comme Sant Ervlan. Saint-Herblain est longtemps restée rurale, succession de grands domaines et de hameaux, avant son urbanisation très rapide dans les années 1960-1970.