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Dialogue citoyen

Place publique : « Quelle place pour les gros ? »

Publié le | Mis à jour le

En France, l’obésité touche désormais près d’un adulte sur cinq — une réalité qui a doublé en 25 ans. Pourtant, au-delà des enjeux de santé, les personnes grosses restent confrontées à des discriminations souvent invisibles : difficultés d’accès à l’emploi, espaces et équipements inadaptés, déficit de soin... La société française est-elle réellement pensée pour tous les corps ? Venez en débattre à Place publique, le jeudi 21 mai à 20h.

À l’échelle mondiale, 6 adultes sur 10 et 1 enfant sur 3 pourraient être en situation d’obésité d’ici 2050, faute d’actions publiques d’ampleur. Comment expliquer ce phénomène multifactoriel ?

Un enjeu de santé publique

En France, près de 10 millions de personnes sont concernées — et parmi celles qui ont consulté, moins d’un tiers ont été orientées vers un parcours de soin.

« Il y a un déficit de soin, une inertie à soigner parce qu’on n’identifie pas toujours l’obésité pour ce qu’elle est : une maladie chronique. La personne peut alors le vivre comme un échec », pointe David Jacobi, professeur de nutrition et directeur du CSO Ouest Atlantique. Sylvie Benkemoun, psychologue et présidente du Groupe de Réflexion sur l’Obésité, le Surpoids et les Troubles des Conduites Alimentaires (GROS-TCA), rappelle quant à elle que « n’importe quel régime fait perdre du poids, mais ne guérit ni les troubles ni ne change la génétique ».

Une discrimination aux multiples visages

Au-delà de la santé, l’obésité soulève des questions sociales, culturelles, juridiques…

Si au cours des dernières années, de plus en plus de gens ont été sensibilisés à la notion de grossophobie et à ses conséquences, les personnes très corpulentes restent souvent confrontées à une forme d’invisibilisation et de discrimination (à l’embauche, chez le médecin, dans la sphère intime ou familiale, dans les transports en commun inadaptés, etc.).

« Au même titre que le sexisme et le racisme, la grossophobie est une discrimination systémique et structurelle qui s’exprime dans l’emploi mais pas seulement, dans tous les espaces sociaux », Catherine Milon, doctorante en sociologie au sein de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (Iris).

Depuis les années 1980, des associations se mobilisent pour lutter contre la grossophobie. A l’instar de l’Herblinoise Anaïs Couté, militante anti-grossophobie, qui défend l’idée que « les personnes grosses ne sont pas qu’un corps qui peut par ailleurs être en bonne santé. La santé mentale, sociale, compte également. Pourquoi chercher à tout prix une raison à la grosseur ? »

Le terme grossophobie – qui a fait son entrée dans le dictionnaire en 2019 – n’est toujours pas reconnue comme motif de discrimination à part entière en droit français. Une proposition de loi visant à combler ce vide a été déposée à l’Assemblée nationale à l’automne 2025 mais ne figure toujours pas à l’ordre du jour des débats.

Comment transformer le regard de la société sur l’obésité ? Quelles messages de prévention délivrer ? Quelles représentations médicales et sociales faut-il déconstruire ?

Pour en débattre

  • Sylvie Benkemoun, psychologue et présidente du Groupe de Réflexion sur l’Obésité, le Surpoids et les Troubles des Conduites Alimentaires (GROS-TCA) ;
  • Anaïs Couté, militante anti-grossophobe ;
  • Pr David Jacobi, directeur du centre spécialisé de l’obésité (CSO) Ouest Atlantique ;
  • Catherine Milon, doctorante en sociologie au sein de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux.

Le débat est animé par Mathilde Chevré, journaliste indépendante.

Pour en savoir plus, retrouvez une sélection d’ouvrages en lien avec la thématique à la bibliothèque de Bellevue, du 19 au 28 mai.

Infos pratiques

Place publique « Quelle place pour les gros ? »
Jeudi 21 mai, 20h-22h.
Maison des Arts, 26 rue de Saint-Nazaire.
Renseignements au 02 28 25 20 28 et communication@saint-herblain.fr

Comment y aller ?

Accès transports en commun

À 250 m, 3 minutes à pied : bus lignes 23, 59, 91, 81 arrêt Maison des Arts.
À 550 m, 7 minutes à pied : tramway ligne 1, arrêt Romanet.
À 650 m, 8 minutes à pied : tramway ligne 1, chronobus C20, bus lignes 131, 23, 40, 59, 81, 91, arrêt Mendès-France-Bellevue.

Accès vélo

Depuis la place de l’Abbé-Chérel (place de l’Église) : 3,8 km, 15 minutes.
Depuis le rond-point Abel-Durand (ex rond-point des Châtaigniers) : 1,8 km, 6 min.
Depuis la place Zola à Nantes : 2,5 km, 8 minutes.
Depuis le musée Jules-Verne à Nantes : 3,8 km, 13 minutes.

De nombreux stationnements vélos sont disponibles devant la Maison des Arts.

Vous ne pouvez pas assister au débat ?

Il est diffusé en direct puis disponible en replay sur la chaîne YouTube de la Ville de Saint-Herblain

Prochain rendez-vous, le 11 juin

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Découvrez l’intégralité des débats de la saison en replay sur la chaîne YouTube de la Ville de Saint-Herblain.