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Institution

Écologie, solidarité, démocratie : la boussole des 6 ans à venir

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Bertrand Affilé maire de Saint-Herblain et 1er vice-président de Nantes métropole entame un nouveau mandat à la tête d'une gauche unie. Il détaille la feuille de route portée par la nouvelle équipe municipale.

Vous avez été réélu dès le premier tour, qu’est-ce que ce verdict vous impose comme responsabilités ?

Ce verdict des urnes impose de porter le programme qui nous a fait élire avec 53,68 % des voix. Toutefois, entre les abstentionnistes et ceux qui ont voté pour d’autres listes, une part des Herblinois et des Herblinoises n’a pas voté pour notre projet. Cela signifie qu’il nous faut rassembler, écouter les critiques, les suggestions y compris celles qui viennent des minorités politiques. D’ailleurs, cette approche est au cœur du programme sur lequel nous avons été élus et qui se fonde sur trois piliers. L’écologie, la solidarité et la démocratie. Ce troisième pilier se traduit par notre capacité à faire remonter la parole des habitants et à s’en nourrir, dès lors qu’elle s’inscrit dans nos valeurs : non-discrimination, égalité, ouverture et tolérance. Être élu au premier tour, c’est donc à la fois un gage de confiance et une forme d’obligation pas nécessairement dans le résultat, mais dans la
méthode. Celle de l’écoute.

Il nous faut rassembler, écouter, y compris les critiques.

Vous parliez jusqu’ici de transition écologique, il est désormais question de bifurcation écologique. Comment cela va se traduire dans le projet municipal ?

La transition, c’est l’idée d’un passage progressif d’une économie consumériste et productiviste vers une économie plus sobre. Or il y a urgence. Les récents épisodes de canicule ne cessent de nous le rappeler. Bifurquer, c’est changer de direction sans attendre, sur le bâti, la désartificialisation, le reboisement, la reconstruction de la ville sur elle-même, etc. Bifurquer nous oblige à revenir sur certains projets. L’abandon du skatepark sur son site initial des Haradières en est un exemple. Nous avons été alertés sur son impact en
matière de biodiversité notamment, nous avons fait le choix d’y renoncer. Mais bifurquer ne signifie pas pour autant laisser la nature reprendre ses droits partout. Les pompiers alertent déjà sur les risques d’incendie liés aux friches. L’enjeu, c’est de remettre de la nature là où elle a disparu, d’en prendre soin. Nous avons planté des haies vives lors du précédent mandat. Nous allons amplifier le mouvement en commençant par être exemplaire dans l’action municipale.

La bifurcation écologique, c’est aller plus vite dans notre prise en compte de l’urgence climatique.

Mobilités, espaces verts, urbanisme, quels engagements concrets les habitants peuvent-ils attendre ?

Nous allons aller au-delà des obligations légales en matière de consommation énergétique des bâtiments publics. Certains aménagements s’imposent. Des baies vitrées plein sud dans une école ou un centre socioculturel, ce n’est plus acceptable quand les températures extérieures rendent impossible toute activité à l’intérieur. Cela impliquera des discussions avec les architectes, qui conservent la propriété intellectuelle de leurs réalisations.
Nous avons déjà agi sur des espaces notamment avec la végétalisation des cours d’école, de crèche, etc. En matière de mobilité et d’urbanisme, il faudrait rapprocher les zones d’habitat et d’activité. L’idéal de la maison à la campagne avec le travail en ville n’est pas tenable. Il n’y a pas d’infrastructures de mobilité durable pour soutenir ce modèle.
L’objectif, c’est que les habitants puissent travailler, se loger, faire leurs courses et se soigner sans multiplier les déplacements. Nous travaillons déjà sur le sujet de la mobilité au sein de la Métropole puisque la compétence d’aménagement dépend d’elle.

Vous avez fait des jeunes, des seniors et des familles monoparentales une autre priorité. Comment répondre aux besoins de ces 3 publics ?

Nous ne pourrons pas tout faire. Ouvrir un EHPAD, par exemple, n’est pas de notre ressort. Pourtant, Saint-Herblain et Indre qui comptent entre 10 000 et 11 000 personnes de plus de 65 ans, ne disposent que de deux établissements. L’Agence régionale de santé doit prendre ses responsabilités et réaffecter des places là où la population vieillit, plutôt que de maintenir des capacités dans des territoires où la démographie baisse. En revanche, nous pouvons agir dans notre périmètre et renforcer nos actions comme les soins à domicile, le
portage de repas, la télésurveillance. Bien vieillir, c’est aussi pouvoir rester chez soi dans un logement adapté, ou accéder à un habitat plus petit et plus fonctionnel.

Engager une concertation avec les jeunesses pour redéfinir la politique municipale eux.

C’est un travail de fond à mener avec les bailleurs sociaux notamment. Pour les familles monoparentales, il faut aller plus loin. Par exemple, comment assister à un spectacle ou participer à une réunion quand on élève seul ses enfants ? En adaptant les horaires, en proposant une activité parallèle pour les enfants le temps d’une représentation, on facilite l’accès à la vie culturelle et sociale. Quant aux jeunes, il faut leur demander ce dont ils ont besoin avant de décider pour eux. C’est pourquoi, nous allons engager une concertation avec les jeunesses pour redéfinir la politique municipale jeunesse pour et avec elles.

Saint-Herblain est ville de quartiers et de mixité. Comment renforcer la cohésion ?

Il faut fabriquer du commun et du lien dans un paysage disparate. Il est possible d’agir sur plusieurs registres comme celui de l’espace public. Le cours Hermeland en est l’exemple. Il relie les quartiers à pied ou à vélo, sans emprunter les grands axes. Idem pour les lignes de bus qui permettent de relier la ville du nord au sud, et de l’est à l’ouest. Le deuxième levier, ce sont les événements.

Les Beaux Jours, les Hivernales, le festival des jeux, Herbulles sont des rendez-vous qui trouvent un ancrage dans les quartiers. Le commun se fabrique quand des habitants qui ne sont directement concernés viennent aussi. Nous réfléchissons également à relancer une grande fête interculturelle, une façon de célébrer la diversité, et de répondre, à notre échelle, au nationalisme et à l’ethnocentrisme. Le monde associatif est un autre levier. Le service public a des qualités, mais pas la souplesse du tissu associatif. Ce partenariat est essentiel.

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"Il faut fabriquer du commun et du lien dans un paysage disparate. Il est possible d’agir sur plusieurs registres comme celui de l’espace public. Le cours Hermeland en est l’exemple. Il relie les quartiers à pied ou à vélo, sans emprunter les grands axes". Ici, la passerelle du parc des Haradières. (c) Jérémie Lusseau / IRIS Pictures

La participation citoyenne est au cœur de ce mandat. Comment comptez-vous renforcer le dialogue avec les habitants et les habitantes ?

La participation citoyenne se construit sur le terrain. À l’image de l’Observatoire citoyen des politiques publiques créé lors du précédent mandat pour évaluer l’action municipale, plusieurs dispositifs peuvent y contribuer. Des commissions extra-municipales d’abord, où les élus pourront siéger à proportion de leur
poids au conseil, ce qui garantit que toutes les sensibilités politiques peuvent s’emparer des réflexions en cours, tout en pouvant associer des citoyens. Nous envisageons aussi des rendez-vous dans les quartiers, où les habitants pourront échanger directement avec les élus, formuler leurs propositions, faire remonter leurs préoccupations.

En matière de tranquillité publique, vous avez développé une approche centrée sur la prévention sans négliger la répression. Quelles actions sont au programme de ces prochaines années ?

La doctrine ne change pas. Elle va se consolider. La police municipale qui a vu ses effectifs atteindre 16 agents, pourra être renforcée avec l’objectif d’étendre sa présence en soirée et le week-end. Son rôle reste la proximité, le lien avec les habitants. L’investigation et le maintien de l’ordre restent du ressort de la police nationale,
même si les deux forces travaillent en lien direct. Entre prévention et répression, il existe un espace souvent sous-estimé, des alternatives comme le rappel à la loi, les peines de substitution qui permettent de signifier qu’un comportement a des conséquences, sans passer par la case judiciaire. Nous allons continuer à développer ces outils. La question d’un renforcement de la vidéosurveillance se pose. Elle permet parfois de faciliter l’identification des auteurs de délits. L’un des projets phares du mandat est la création d’une Maison de la tranquillité publique, un lieu qui incarne cette articulation entre prévention et répression. L’un des  projets phares du mandat est la création d’une Maison de la tranquillité publique.

 

L’un des projets phares du mandat est la création d’une Maison de la tranquillité publique.

Quel rôle Saint-Herblain joue-t-elle au sein de la métropole ? Et inversement ?

La métropole est omniprésente dans le quotidien des habitants et des habitantes, mais reste perçue comme une institution lointaine. L’eau du robinet, l’éclairage public, les transports en commun… Tout cela relève de compétences métropolitaines. Mais ce que les gens retiennent, ce sont les nuisances liées aux travaux. Le dernier mandat en a concentré beaucoup de chantiers. Mais c’était le prix du rattrapage après les années Covid. Mieux faire connaître ce que fait concrètement la métropole, notamment via des outils comme Nantes Métropole dans ma poche, reste un chantier à poursuivre, en accompagnant tous les publics. -Saint-
Herblain occupe une place singulière au sein de la métropole en matière de logements sociaux. Ils représentent près de 27 % de notre parc immobilier. Le territoire herblinois est également le premier pôle d’emplois,
avec plus de 40 000 postes. Grâce à ses vastes espaces naturels et agricoles, elle est l’un des poumons verts de la métropole.