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Culture

Des champs aux grands ensembles : l’étonnant passé agricole de Saint-Herblain

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Avant l'arrivée du béton, Saint-Herblain jouait le rôle de "grenier" pour la métropole : ses vastes terres avaient pour vocation première de nourrir les habitants de Nantes. Retour sur une métamorphose spectaculaire, entre champs disparus et nouvelles pousses urbaines.

Jusqu’au milieu du XXᵉ siècle, les plateaux du Nord accueillaient bovins et céréales, tandis que maraîchers et viticulteurs façonnaient les paysages de la Bouvardière jusqu’à Chantenay. Dans les années 1960, l’âge d’or laitier battait son plein avec près de 150 exploitations. Dans le marais de Tougas, on élevait des sangsues – vers utilisés pour drainer le sang – qui fournissaient les hôpitaux nantais. La ferme de la Harlière (l’actuelle Maison des Arts), quant à elle, livrait ses œufs de caille aux restaurants chics de Nantes.

Puis vint l’explosion démographique. Pour reconstruire la France, ces champs deviennent une réserve foncière idéale. La population explose, passant de 5 000 habitants en 1945 à près de 50 000 aujourd’hui. L’urbanisation rapide grignote les parcelles et crée une véritable « ville mosaïque ». De grands quartiers indépendants comme Bellevue (dès 1954) sortent de terre par à-coups. Ils s’assemblent les uns à côté des autres, avec leurs propres architectures, comme les pièces d’une mosaïque.

Mémoire locale

« On connait tous par cœur la géographie des lieux où l’on vit, mais en connait-on les histoires et les anecdotes ? », souligne Valérian Dénéchaud, de l’association Vous êtes ici. Ses explorations urbaines ravivent cette mémoire locale. Il raconte : « Aux débuts du Sillon de Bretagne, les habitants dont Jean-Marc Ayrault pouvaient descendre de leur tour flambant neuve pour acheter des œufs et voir les moutons à la ferme de l’Angevinière, située juste au pied du bâtiment ! » Aujourd’hui, l’agriculture a changé de visage. La commune conserve 226 hectares agricoles, dont près d’un quart en bio. L’éco-pâturage s’y installe, et les citoyens cultivent à nouveau la terre dans les nombreux jardins partagés de la ville.

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Manoir de la Bégraisière

Des vignes à la Bégraisière

Ancien manoir de plaisance pour de riches Nantais, le parc de la Bégraisière a longtemps abrité des vignes, cultivées jusqu’en 1960. Son parc arboré comprenait d’ailleurs des châtaigniers et un grand verger. Petite anecdote surprenante pour les promeneurs d’aujourd’hui : les actuelles toilettes publiques du parc étaient autrefois une chambre !