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À la Longère, deux artistes font parler les matières du vivant
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Encres fabriquées à partir de plantes, pigments prélevés dans la Loire : jusqu’en septembre, les plasticiennes Julie Knaebel et Adélaïde Gaudéchoux investissent la Longère de la Bégraisière pour expérimenter de nouvelles façons de créer.
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À la Longère de la Bégraisière, Julie Knaebel s’affaire autour d’un réchaud, d’une passoire et de pétales de roses séchées. « C’est de la cuisine ! », sourie-t-elle.
Dans la pièce voisine, Adélaïde Gaudéchoux bat un œuf. Elle expérimente la tempera, une technique ancienne de peinture dans laquelle l’œuf sert de liant aux pigments.
De mi-juillet à mi-septembre, les deux artistes sont accueillies en résidence à la Longère. Pendant deux mois, elles disposent d’un lieu et d’un temps consacrés à la recherche, à l’expérimentation et à la création.
Ici, pas d’obligation d’aboutir à une œuvre achevée : la résidence leur permet de tester des matières et de faire évoluer leur travail. Chaque mercredi, le public peut pousser la porte pour découvrir leurs recherches en cours et échanger avec elles.
Née à Nantes et installée à Nort-sur-Erdre, Julie Knaebel développe un travail mêlant dessin, écriture et édition. Depuis plusieurs années, elle fabrique notamment ses propres encres à partir des végétaux qu’elle glane.
À la Longère, pétales de roses, fleurs de carotte et autres plantes trouvées sur place passent entre ses mains. Mélangées à de la pierre d’alun, du bicarbonate ou du vinaigre, elles produisent différentes couleurs.
« Il faut s’y connaître en plantes, avoir un côté botaniste », sourit l’artiste. Même les outils proviennent en partie des alentours : elle dessine avec des plumes ramassées sur le site et a fabriqué son propre petit calame pour contenir l’encre.
Sur du papier japonais fin et souple, elle pratique le dessin automatique : elle laisse le geste et les formes apparaître directement, sans réaliser de croquis préparatoire. Une façon de laisser une part à l’imprévu et aux matières qui l’entourent.
Dans la pièce voisine, Adélaïde Gaudéchoux explore la circulation des objets et des récits, avec la Loire comme fil conducteur. Sur un mur, elle a accroché les photographies d’une étonnante collection : pipes du XVIIIe siècle, fossiles d’oursins, objets datant parfois du Paléolithique… Tous ont été ramassés sur les bords de Loire par une femme qui collecte depuis des années ce que le fleuve rejette.
L’artiste souhaite reproduire ces objets en peinture à partir du limon de la Loire, ce dépôt de particules fines charriées par le fleuve, qu’elle expérimente pour créer ses propres pigments.
La Loire devient ainsi à la fois le sujet et la matière de son travail. « Nous dépendons de la Loire et nous l’oublions. Nous la voyons tous les jours, mais ce n’est pas un simple décor », souligne-t-elle, rappelant ses multiples usages : eau potable, industrie ou refroidissement des centrales.
En septembre, les deux artistes présenteront non pas une exposition traditionnelle, mais une restitution de leurs recherches et de leur processus de création.
Rencontrer les artistes
Les mercredis jusqu’au 26 août, de 15 h à 19 h, à la Longère de la Bégraisière. Accès libre.
Restitution de la résidence
Du vendredi 11 au dimanche 13 septembre, de 15 h à 19 h, en présence de Julie Knaebel et Adélaïde Gaudéchoux.
Temps convivial de sortie de résidence
Vendredi 11 septembre à 18 h 30.