Partager avec

Solidarités

Octobre rose : informer pour mieux dépister

Publié le

À l’occasion d’Octobre rose, la Ville de Saint-Herblain a organisé, vendredi 9 octobre au Grand B, une journée de sensibilisation au cancer du sein. Associations et professionnels de santé sont allés à la rencontre des habitantes pour informer, lever les freins au dépistage et rappeler les gestes de prévention.

À peine une femme sur deux entre 50 et 74 ans participe au dépistage organisé du cancer du sein. Pourtant, une femme sur huit sera touchée au cours de sa vie. Pour encourager le dépistage, la Ville a réuni plusieurs associations et professionnels de santé au centre socioculturel Le Grand B, à Bellevue.

Julie, 42 ans, est venue à l’invitation de l’association Bellevue 2000. « Je n’y serai pas allée seule comme beaucoup d’autres femmes ici. Je n’étais pas au courant de tout, j’ai appris les âges pour le dépistage, les examens qu’il faut faire, la question des antécédents… Je vais pouvoir en parler autour de moi. »

Quiz, échanges et conseils pratiques : la Ligue contre le cancer a misé sur une approche ludique pour sensibiliser les participantes.

« Le quiz permet d’informer sur les risques évitables liés à l’alcool, dès le premier verre, le premier facteur de risque pourtant assez méconnu, expliquent Clara Bonnardel-Chiron, en service civique et Nilsa Araujo, bénévole à la Ligue. On parle aussi de l’alimentation, d’ajouter des fibres, de limiter le sucre, la viande rouge. Nous donnons ensuite les informations clés : le dépistage organisé entre 50 et 74 ans, tous les deux ans, gratuit… » 

 

Accès aux mammographies difficile

Encore faut-il pouvoir accéder aux examens. « L’un des freins au dépistage est la difficulté d’accès aux mammographies à cause d’un manque de radiologues sur notre territoire », souligne docteure Stéphanie Larramendy, directrice de la prévention et du partenariat patient à l’Institut de cancérologie de l’Ouest (ICO). Et quand il y a des difficultés sociales, anticiper des mois à l’avance pour prendre rendez-vous peut être très compliqué. »

Autre obstacle : la langue. L’Asamla, association d’interprétariat intervenant dans plus de 60 langues, était présente pour faire connaître ses services. « Les médecins peuvent faire appel à nous pour traduire pendant les rendez-vous. La langue ne doit pas empêcher les femmes de faire leur dépistage », insiste Basimah Aldalati, interprète en arabe.

La peur du diagnostic peut aussi retarder la consultation. Pourtant, « plus un cancer est dépisté tôt, plus les chances de guérison sont importantes », rappelle Stéphanie Larramendy. Entre 50 et 74 ans, une mammographie est proposée gratuitement tous les deux ans dans le cadre du dépistage organisé.

Dès 25 ans, un examen clinique annuel des seins par un professionnel de santé est recommandé. Et à tout âge, une modification inhabituelle du sein doit conduire à consulter.

Pour apprendre à reconnaître les signes d’alerte, les bénévoles de la Ligue recommandent la campagne illustrée Know Your Lemons, accessible et facile à comprendre.

Prévenir sans culpabiliser

Image 1
La campagne « Know Your Lemons » (« Connais tes citrons ») est une initiative internationale de santé publique. Elle utilise l'image de 12 citrons disposés dans une boîte à œufs pour illustrer les 12 signes et symptômes du cancer du sein.

« Les gestes de prévention commencent dès la petite enfance en limitant l’exposition aux perturbateurs endocriniens, explique Stéphanie Larramendy. La petite enfance, l’adolescence, les grossesses et la ménopause sont des périodes de vulnérabilités liées aux changements hormonaux. Pour les cosmétiques par exemple, le moins est le mieux et sinon de nombreuses applications comme Yuka permettent de choisir de la bonne qualité. »

Bouger, manger équilibré, limiter l’alcool : autant d’habitudes qui contribuent à réduire le risque de certains cancers.

Le Rush, club de rugby de Saint-Herblain, en a profité pour faire découvrir ses activités aux participantes, ballon en main. « Bouger, faire travailler son cardio, c’est bon pour la santé, mais aussi pour se remettre en forme après une maladie », rappelle Yann Boulahia, entraîneur.

La prévention passe également par une attention portée à l’environnement.

« Les gestes de prévention commencent dès la petite enfance en limitant l’exposition aux perturbateurs endocriniens, explique Stéphanie Larramendy. La petite enfance, l’adolescence, les grossesses et la ménopause sont des périodes de vulnérabilités liées aux changements hormonaux. Pour les cosmétiques par exemple, le moins est le mieux et sinon de nombreuses applications comme Yuka permettent de choisir de la bonne qualité. »

Mais adopter de bonnes habitudes ne suffit pas toujours : les facteurs environnementaux échappent en partie aux choix individuels, et le cancer peut survenir malgré toutes les précautions. Pas question, donc, de culpabiliser les femmes.

« L’important est de ne pas s’oublier, d’écouter son corps, d’être vigilante et d’aller chez le médecin au moindre doute », conclut Claire Jacob, patiente partenaire à l’ICO.