Nature - Petite enfance, enfance et jeunesse
L’écologie à hauteur d’enfant
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Planter des arbres, venir à pied à l'école, découvrir le cycle de l'eau ou nourrir un composteur… À Saint-Herblain, la transition écologique se vit dès le plus jeune âge. Dans les écoles, les crèches et les accueils de loisirs, la Ville multiplie les initiatives pour sensibiliser les enfants tout en adaptant leurs lieux de vie au changement climatique.
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Ulysse s’élance vers les nouveaux jeux de la cour de l’école Condorcet. « On préfère l’aire de jeux maintenant ! », sourit le garçon de 8 ans. Depuis quelques mois, une partie du bitume a laissé place à des arbres, des plantations et des espaces plus naturels.
Les copeaux de bois sont devenus un terrain de jeu à part entière, tandis que les jeunes arbres promettent davantage d’ombre lors des fortes chaleurs. Pour les élèves, la cour est surtout devenue plus agréable. Pour la Ville, cette transformation répond à un objectif plus large : adapter les écoles au changement climatique tout en rapprochant les enfants de la nature.
À l’école Condorcet, les plantations offrent déjà de nouveaux espaces de jeu. À la Crémetterie, une rivière sèche guidera bientôt les enfants dans la cour tout en illustrant le parcours naturel de l’eau.
Partout, les projets poursuivent la même ambition : réduire les surfaces bitumées, créer davantage d’ombre, favoriser l’infiltration des eaux de pluie et laisser une plus grande place au vivant. « Penser la ville à hauteur d’enfant, c’est améliorer leur quotidien tout en préparant celui des générations futures », résume Sarah Tendron, Adjointe au Maire en charge de l’éducation.
Cette évolution ne concerne pas uniquement les espaces extérieurs. Depuis plusieurs années, Saint-Herblain transforme progressivement ses établissements scolaires et les grands chantiers engagés par la Ville intègrent les enjeux environnementaux dès leur conception.
La végétalisation des cours s’accompagne ainsi de rénovations énergétiques, comme lors des récentes opérations d’ampleur dans les groupes scolaires des Grands-Bois et du Soleil-Levant.
La rénovation du groupe scolaire Bernardière accorde aussi une place importante à la performance énergétique, et là aussi les cours des écoles maternelle et élémentaire sont repensées pour mieux résister aux épisodes de chaleur.
L’environnement ne se découvre pas seulement dans les livres. Chaque année, une trentaine de classes participent aux classes vertes organisées à la Gournerie.
Pendant quatre jours pour les élémentaires ou deux jours pour les grandes sections de maternelle, les élèves explorent la biodiversité, la faune et la flore, le cycle de l’eau, les énergies ou encore le patrimoine de la ville, accompagnés par deux intervenantes spécialisées.
Ces séjours s’inscrivent dans un parcours d’éducation à l’environnement plus large, qui comprend également des classes découvertes, des ateliers nature et des projets menés dans les écoles.
Au sein des établissements aussi, les enfants expérimentent. Depuis 2024, la Ville déploie le compostage pédagogique avec l’association Compostri. Aujourd’hui, 11 écoles et la crèche Confetti disposent d’un composteur.
Les déchets alimentaires y sont transformés avant d’être utilisés dans les jardins pédagogiques. Pour accompagner ces projets, 29 agents périscolaires ont été formés en 2026 lors de deux sessions organisées dans les écoles participantes.
Cette démarche commence dès la petite enfance. « Les six crèches municipales développent des projets pédagogiques tournés vers l’extérieur », explique Amélie Crabit, responsable de pôle à la direction de l’éducation. Jardins, potagers et sorties rythment le quotidien.
« Ces temps en plein air apaisent les groupes. Notre objectif est de permettre aux enfants de grandir au contact du vivant, dès les premières années. »
30
classes participent chaque année aux classes nature à la Gournerie.
11
écoles disposent d'un composteur pédagogique
29
animateurs périscolaires formés au compostage en 2026.
900 000 euros
ont été consacrés au programme de végétalisation des cours d'école
La transition écologique se joue aussi sur le chemin de l’école. Rues scolaires, apprentissage du vélo, encouragement à la marche ou projet de chemins des écoliers : la Ville souhaite développer des déplacements plus sûrs et moins polluants. L’objectif est aussi de permettre aux enfants de gagner en autonomie tout en retrouvant une place dans l’espace public.
Cette volonté d’écouter les plus jeunes dépasse les questions de mobilité. Avant certains aménagements, leurs usages et leurs besoins sont pris en compte afin d’imaginer des espaces qui leur ressemblent davantage. Une démarche qui s’étend progressivement à d’autres projets municipaux et qui fait des enfants non seulement des bénéficiaires, mais aussi des acteurs de la transition écologique.
Au fond, l’écologie à hauteur d’enfant ne consiste pas seulement à planter des arbres ou à installer des composteurs. Elle invite à regarder la ville avec leurs yeux : une cour où l’on joue différemment, un trajet que l’on peut parcourir à pied, un jardin où l’on observe le vivant. Autant d’expériences qui donnent du sens aux politiques publiques… et qui, parfois, changent aussi les habitudes des adultes.
Vu par l'élue
Sarah Tendron
Sarah Tendron, Adjointe au Maire en charge de l’éducation
Comment une ville à hauteur d’enfant se traduit-elle en politiques publiques ?
Ce n’est pas un effet de mode. La Ville agit depuis longtemps en faveur des enfants, mais nous ne le nommions pas ainsi. Une ville à hauteur d’enfant se traduit par des politiques publiques qui les placent au cœur des décisions. Cela signifie leur demander leur avis, les associer aux projets qui les concernent ou encore penser les aménagements à partir de leurs usages. La végétalisation des cours d’école, les mobilités douces ou les classes vertes répondent à cette même ambition : construire la ville avec les enfants et pas seulement pour eux.
Pourquoi est-ce important de les sensibiliser dès le plus jeune âge ?
Parce que les enfants sont de véritables moteurs du changement. Les gestes appris à l’école deviennent souvent des réflexes à la maison : trier ses déchets, venir à pied ou à vélo, découvrir la nature lors des classes vertes… En investissant dans l’éducation, nous préparons l’avenir. Si c’est bien pour les enfants, c’est bénéfique pour toute la société. Notre ambition est donc de poursuivre et d’amplifier cette démarche avec l’ensemble des services de la Ville.
Christopher Besle
Responsable de site à la Direction de l’éducation de la Ville de Saint-Herblain
Les enfants ont souvent des idées très concrètes pour améliorer leur école. Mon rôle consiste surtout à les aider à les transformer en projets. À Beauregard, ils se réunissent en commission, choisissent un sujet, débattent et votent. Cette année, ils ont travaillé sur le compost, imaginé un poulailler ou encore réfléchi à la place des filles dans la cour. Ils découvrent aussi que tout ne se règle pas immédiatement : une réparation ou un nouvel aménagement demande parfois plusieurs semaines. C’est une façon très concrète d’apprendre la citoyenneté.
« Les enfants sont capables de porter de vrais projets »
Quand un projet aboutit, ils en sont fiers parce qu’ils savent qu’ils y ont contribué. L’écologie fait naturellement partie des sujets qu’ils choisissent. Ce n’est pas une leçon qu’on leur donne : ils comprennent que leurs gestes ont des conséquences et qu’ils peuvent agir, à leur échelle, pour prendre soin de leur environnement.
Emmanuelle Paty
Directrice de la crèche de la Bergerie
« Sortir est devenu un rituel pour les enfants »
Nous avons la chance d’avoir un grand jardin et un petit bois que les enfants appellent « la forêt ». Nous sortons par tous les temps : sous la pluie, on enfile les cirés et les bottes et on part observer les escargots, ramasser des feuilles ou simplement jouer dehors. Les enfants jardinent aussi : des graines sont d’abord mises en terre pour les regarder pousser, puis plantées dans nos bacs. Nous avions également des cabanes en osier, un grand chêne et des chemins boisés à proximité pour les sorties en poussette. Le dehors fait vraiment partie du quotidien.
Un groupe plus apaisé
Après le goûter, certains prennent une pelle pour creuser ou balaient le jardin. Les sorties sont ritualisées, souvent en petits groupes, et les enfants les réclament. Quand nous les sentons agités, nous nous disons : « On sort ! » Cela change immédiatement la dynamique du groupe et leur permet d’explorer librement leur environnement.
Werner Rott Lacour
Animateur Nature
Les classes vertes permettent aux enfants de découvrir la nature autrement, de la grande section au CM2. Pendant plusieurs jours, ils quittent la salle de classe pour explorer le parc de la Gournerie. Nous mettons à leur disposition des loupes, des jumelles ou du matériel pour écouter les chants d’oiseaux. L’objectif est d’éveiller leur curiosité et de leur apprendre à observer ce qui les entoure. Beaucoup appréhendent les insectes ou les petits animaux au départ.
« Beaucoup arrivent avec des peurs, ils repartent avec de la curiosité »
Puis, en cherchant des indices de présence du renard ou du sanglier, en regardant les images des pièges photo ou en prenant le temps d’observer une limace ou un ver de terre, leur regard évolue. Ils découvrent une nature qu’ils côtoient parfois tous les jours sans vraiment la connaître. Ce sont souvent ces petits moments d’émerveillement qui marquent le plus les enfants.