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Dialogue citoyen - Sport - Vie économique

Saint-Herblain en portraits, juillet 2022

Publié le

Tous les deux mois, retrouvez les portraits de celles et ceux qui font vivre Saint-Herblain.

Simon Dufour-Emmanuel

« La bouffe, c’est fédérateur »

Après une école de commerce, le chemin de Simon Dufour-Emmanuel semble tout tracé. Jusqu’au déclic, en 2016 : « J’ai passé un an aux Philippines à accompagner des jeunes des bidonvilles vers l’insertion. » De retour en France, Simon est décidé à conjuguer son « envie entrepreneuriale avec une activité qui a un sens social et écologique ». Le tout par le prisme de l’alimentation. « Bon à manger, ensemble » (BAMe), entreprise d’insertion par l’emploi, ouvre ses portes en février 2022.

À l’aise dans les milieux de la finance comme associatifs (au sein des Scouts et guides de France), le papa de deux enfants fait le pont entre ces mondes qui s’ignorent trop souvent : « Le fil rouge de BAME c’est de créer du lien, de provoquer des rencontres : et la bouffe, c’est fédérateur ! » En témoigne la présence au conseil d’administration d’ex-dirigeants de la CPME44 et de la Banque populaire aux côtés de l’entreprise d’insertion ADC propreté ou de l’association FullGood. Mais aussi les partenariats noués avec les acteurs locaux de l’insertion.

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Prestations traiteur, plateaux repas et comptoirs déjeuner : les clients de BAMe profitent d'une cuisine maison, composée de produits frais, locaux et de saison, grâce à Simon Dufour-Emmanuel

Et l’entrepreneur social de 37 ans de citer Environnement solidaire « qui nous accompagne dans le repérage des futurs salariés», ou ATAO « avec qui on mutualise les cours de Français langue étrangère ». Installée à la cour artisanale Galilée à Bellevue – « une implantation qui colle parfaitement à notre ambition sociale et à notre activité commerciale » – BAMe ambitionne de servir 500 repas par jour d’ici 2 ans en employant 35 salariés dont 18 en insertion.

Plus d’infos : bame.fr

Catherine Marchand

« Des débat passionnants et respectueux »

Depuis 2014, Catherine a élu domicile dans le nouveau quartier de Bagatelle. Elle s’y est tout de suite engagée en participant au composteur collectif et au nettoyage mensuel du quartier. En 2021, elle décide de s’investir davantage en rejoignant le groupe de concertation sur l’avenir de la Route de Vannes initié par Nantes Métropole.

« J’avais déjà participé à une concertation sur les bibliothèques de Nantes et je voulais témoigner de l’édification rapide du quartier de Bagatelle » se souvient-elle.
Au cours de 3 week-ends et avec 25 autres participants venus de toute la métropole, Catherine écoute, apprend, réfléchit sur l’urbanisme de cette entrée de ville appelée à accueillir environ 8 000 nouveaux habitants d’ici 15 ans. Pour éclairer le groupe, des experts (anthropologue, architecte, urbaniste) sont sollicités.

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Catherine Marchand, une habitante investie

Catherine Marchand découvre alors la complexité d’un tel projet urbain. Plus de nature, moins de béton, un cadre de vie respectueux de l’écosystème et du bien-être, prise en compte du stationnement, sécurité, toutes les questions sont examinées. « Nous avions notre place en apportant notre regard, notre façon de vivre cette artère commerciale » explique Catherine ravie de l’expérience.

Taaro

« La danse, ma deuxième famille »

Côté pile, il y a l’archétype même du joueur de rugby, charpenté, puissant, dur au mal. Côté face, on retrouve le danseur aux mouvements précis, celui qui se déhanche sur des rythmes et mélodies de sa terre natale, la Polynésie française. Taaro – Taaroarii de son nom complet – aime à cultiver ces deux facettes et surprendre son monde. « J’aime autant le rugby que la danse polynésienne, ce sont les deux manières que j’ai trouvés de m’exprimer », explique de son accent chantant le grand gaillard. Né à Uturoa, sur l’une des cinq îles composant l’ensemble des « Îles sous le vent » de la Polynésie, Taaro arrive en France il y a trois ans pour faire ses études.

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Taaro, danseur et rugbyman accompli

Grâce à sa cousine installée dans la région, il découvre le club Rugby Saint-Herblain (RUSH), où il devient vite un pilier de l’équipe première. « Ils m’ont également recruté comme service civique. C’est un poste important pour moi, ça m’a permis de m’intégrer plus facilement car les débuts en France ont été difficiles, je me sentais perdu ». En parallèle, Taaro renoue avec la danse de son île natale, en rejoignant une troupe de danseuses et danseurs, basée à Toulon, et avec laquelle il a récemment participé à une émission de télévision sur France 3. « La danse, c’est devenue ma deuxième famille. C’est aussi une façon de faire vivre ma culture, par-delà la Polynésie ».