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Culture

L’art s’invite en résidence à la Longère

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Chaque été, la Longère accueille des artistes en résidence. Cette année, deux Nantaises aux univers singuliers y ont pris leurs quartiers. Leur travail est à découvrir jusqu’au 12 septembre.

Pas de trêve estivale pour la Longère de la Bégraisière. Derrière ses murs en pierre, depuis juillet, on grave, on coud, on tisse, on manipule cire, bois et… fibre optique. Depuis le début de l’été, Alix Saint-Gilles et Julie Maquet, deux artistes plasticiennes, ont investi les lieux dans le cadre d’une résidence organisée par la Ville de Saint-Herblain.

« Depuis 2020, la Longère accueille, chaque été, des artistes professionnels en résidence, explique Pascale Le Menaheze, du service Culture de la Ville. C’est une manière de soutenir la création contemporaine et de faire vivre le site pendant l’été ». Chaque résidence implique également une ouverture au public.

 

L’influence des lieux

Cette année, près de 20 artistes ont candidaté. Les deux lauréates ont été sélectionnées pour leur démarche et leur capacité à investir la Longère. « Les lieux de résidence sont très demandés, témoigne Alix Saint-Gilles. Ici, les conditions sont idéales : beaucoup d’espace, une grande liberté d’organisation et un cadre chargé d’histoire. » De quoi inspirer la jeune artiste, fraîchement diplômée des Beaux-arts de Nantes qui développe un travail autour l’architecture, des structures et des traces laissées par le temps.

Julie Maquet, quant à elle, a  déjà quelques expositions à son actif. Elle mêle dimensions naturelle et industrielle pour explorer les notions de vestiges, de recyclage et de transformation du corps et des matériaux.

Créer avec l’existant

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Le temps de la résidence, Alix Saint-Gilles expérimente la cire et sa fragilité pour composer une œuvre autoportée dont la stabilité est assurée par sa forme. Un petit défi technique qui nécessite de chauffer chaque jonction pour solidifier l'édifice.

Les deux artistes partagent une approche commune du réemploi de la matière. Julie Maquet fait du déchet industriel sa matière première. Dans son impressionnant métier à tisser installé dans la Longère, point de coton, mais des centaines de fibres optiques récupérées dans un centre de formation herblinois. Plus loin, d’anciens manchons utilisés par les menuisiers de l’Opéra Nantes-Angers attendent d’être réassemblés. « Je pars d’objets industriels pour créer des formes chimériques, entre sculpture et textile », précise-t-elle.

De son côté, Alix Saint-Gilles travaille dans une logique d’« épuisement » de la matière. « Je grave une planche de bois récupérée, puis je réutilise les copeaux pour une autre pièce. Et ainsi de suite », explique-t-elle.

L'artiste Julie Maquet démêle des centaines de fibres optiques avec lesquelles elles va réaliser une œuvre tissée
Julie Maquet a récupéré des kilomètres de fibres optiques à partir desquels elle tisse une œuvre imposante... Un travail de longue haleine initiée sur ce temps de résidence à la Longère.

Des rencontres chaque semaine

Chaque mercredi après-midi, les deux artistes ouvrent les portes de la Longère au public. Ce jour-là, Claudie et Isabelle franchissent le seuil. Les deux artistes s’arrêtent pour répondre aux questions et partagent leur univers. « C’est très formateur, confie Alix. Cela nous apprend à adapter notre discours à un public très varié. »

« Des échanges qui réveillent parfois des envies chez des personnes qui avaient laissé de côté leur pratique artistique, glisse Julie Maquet. C’est réjouissant ! »

Les artistes vous donnent rendez-vous !

A la Longère de la Bégraisère

Mercredi 27 août et 3 septembre, de 14h à 18h : ouverture de la résidence au public. Les 6,7 et les 10, 11, 12 septembre de 15h à 19h : fin de la résidence, présentation des travaux menés par les artistes (en leur présence). Vendredi 12 à 18 h 30, temps convivial de clôture de la résidence.

Rue François-Rabelais. Parc de la Bégraisière. 02 28 25 24 87

A la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland

  • du 8 au 12 septembre. Les artistes y exposeront également des œuvres.

Rue François-Rabelais.