Dialogue citoyen
Handicap : vie affective, toujours tabou ?
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Profiter d’une vie relationnelle, affective et sexuelle est souvent un parcours semé d’embûches pour les personnes en situation de handicap. Comment en parler et faire tomber les préjugés ? Quid de la santé gynécologique ? Quel rôle pour les familles, les professionnels, les pouvoirs publics ? C’est le sujet du prochain débat Place publique, jeudi 22 janvier à 20h.
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« C’est un sujet depuis les années 2000, pourtant on ne va pas assez loin politiquement. » Ce constat, posé par Isabel Da Costa, membre du conseil d’administration de l’Association des paralysés de France et invitée sur le plateau de Place publique, est peut-être en passe d’être révisé.
En effet, le 17 décembre dernier, le Gouvernement annonçait la présentation « début 2026 » d’un plan visant à la fois à permettre aux personnes en situation de handicap de pouvoir avoir une vie affective et sexuelle, et à lutter contre les violences sexuelles dont elles sont victimes. Il s’agit, a détaillé sur X Charlotte Parmentier-Lecocq, la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, de « promouvoir le respect de la vie intime, affective et sexuelle » et « assurer un égal accès à la santé sexuelle, reproductive et à la vie affective des personnes en situation de handicap ».
Si les situations diffèrent en fonction de la nature du handicap, la question de la vie affective et de la sexualité des personnes concernées demeure un impensé dans la société française. Elle se heurte au déni de certains parents et aidants, et à l’infantilisation des personnes handicapées, qui déborde largement le cadre de leur vie affective et sexuelle.
L’absence de prise en compte des émotions et des souhaits de vie affective débouche sur des souffrances individuelles et collectives. « Ce déni crée une absence de considération de la personne comme être sexué et désirant, avec un fort impact sur l’estime de soi, les relations sociales, le fait de pouvoir se sentir désirable« , insiste Audrey Hervouet, qui éclairera le sujet de sa position de psychologue clinicienne et sexologue.
Le manque de formation à disposition des professionnels du secteur médico-social, souvent démunis face à ces questions, est aussi en cause. Carole Landelle, qui accompagne depuis 20 ans en Pays de la Loire les structures médicosociales, les personnes en situation de handicap, les professionnels et les proches aidants sur ces questions, constate ainsi « le manque de ressources et de professionnels spécialisés » et plaide pour davantage de structuration dans les réponses apportées aux « besoins multiples et imbriqués » des personnes concernées.
Quant au sujet épineux des assistants et assistantes sexuels, il est resté sans réponse. Si certains pays ont choisi d’autoriser l’exercice de la profession d’assistant sexuel, la France continue d’assimiler cette activité à de la prostitution. Quel accompagnement peut-il être proposé ? Comment la question du consentement peut-elle être abordée? Que recouvre le métier d’assistant sexuel ? Le Conseil national consultatif des personnes handicapées avait plaidé en 2023 pour son autorisation à titre dérogatoire et expérimental, un appel resté jusqu’à présent lettre morte.
Découvrez Voir le soleil, un podcast de Pop’média pour aborder sans filtres, mais avec sensibilité et humour, le tabou de la sexualité des personnes porteuses de handicap, en suivant le parcours de formation et ses effets sur la vie d’une future assistante sexuelle.
À écouter sur le site de Pop’Média.
Le 22 janvier prochain, la Ville de Saint-Herblain s’associe au collectif T’Cap, réseau d’associations, de collectivités, d’entreprises sociales et d’individuels favorisant l’accès à la participation sociale des personnes en situation de handicap, et réunit trois expertes à la Maison des Arts pour éclairer le suje et échanger avec le public :
- Audrey Hervouet, psychologue clinicienne et sexologue, membre du collectif T’Cap, centre de ressources « Culture, handicap et vie sociale » ;
- Isabel Da Costa, membre du conseil d’administration de l’Association des paralysés de France ;
- Carole Landelle, chargée de projet en éducation et promotion de la santé à Promotion santé Pays de la Loire et coordinatrice d’Intim’Agir Pays de la Loire, centre ressource dédié à la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap.
Un débat animé par Pascal Massiot, journaliste.
Place publique « Handicap : vie affective, toujours tabou ? », jeudi 22 janvier, 20h-22h.
Maison des Arts, 26 rue de Saint-Nazaire.
Renseignements : 02 28 25 20 28 / communication@saint-herblain.fr
Vous en pouvez pas assister au débat ? Il est diffusé en direct sur la chaîne YouTube de la Ville de Saint-Herblain.
Accès transports en commun
- À 250 m, 3 minutes à pied : bus lignes 23, 59, 91, 81 arrêt Maison des Arts.
- À 550 m, 7 minutes à pied : tramway ligne 1, arrêt Romanet.
- À 650 m, 8 minutes à pied : tramway ligne 1, chronobus C20, bus lignes 131, 23, 40, 59, 81, 91, arrêt Mendès-France-Bellevue.
Accès vélo
- Depuis la place de l’Abbé-Chérel (place de l’Église) : 3,8 km, 15 minutes.
- Depuis le rond-point Abel-Durand (ex rond-point des Châtaigniers) : 1,8 km, 6 min.
- Depuis la place Zola à Nantes : 2,5 km, 8 minutes.
- Depuis le musée Jules-Verne à Nantes : 3,8 km, 13 minutes.
De nombreux stationnements vélos sont disponibles devant la Maison des Arts.
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