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Nature

L’eau, une ressource à préserver

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Sécheresses plus fréquentes, milieux fragilisés, usages sous tension… Selon le GIEC* des Pays de la Loire, la ressource en eau est appelée à se raréfier. À Saint-Herblain, collectivités et habitants s’adaptent pour préserver cet « or bleu ».

« Voir comment l’eau est traitée, d’où elle vient et ce qu’elle devient, ça fait réfléchir. » confie Catherine en découvrant les bassins de la station d’épuration de Tougas, lors d’une visite organisée dans le cadre de la programmation de la Longère de la Bégraisière, un espace municipal d’information et d’animations autour de la transition écologique et de la nature en ville. « On comprend mieux pourquoi chaque geste compte. » Avec Patrick, tous deux habitants de Saint-Herblain, ils ont souhaité mieux comprendre le cycle de l’eau pour limiter leur impact au quotidien. Leur prise de conscience rejoint un constat plus large.

Le rapport spécial du GIEC des Pays de la Loire souligne que le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. Étés plus secs, baisse des débits des cours d’eau et intensification des étiages (NDLR : période où le débit des cours d’eau est le plus bas) fragilisent la ressource et les milieux aquatiques. Dans les décennies à venir, ces pressions devraient s’intensifier, alors qu’aujourd’hui seules 11 % des masses d’eau de la région présentent un bon état écologique.

Agir sur les usages

Face à ces enjeux, l’action publique s’organise à différentes échelles. La gestion de l’eau potable et de l’assainissement relève de Nantes Métropole : production, distribution, traitement des eaux usées et protection des milieux aquatiques. La Ville de Saint-Herblain agit en complément, notamment sur les usages, l’aménagement des espaces publics et la sensibilisation.

« Nous travaillons d’abord sur la sobriété, explique Myriam Gandolphe, adjointe en charge de l’environnement et du cadre de vie. Cela passe par l’optimisation des usages dans les bâtiments municipaux, l’installation de mousseurs lors des rénovations ou encore le développement de la récupération des eaux de pluie, avec des cuves fixes ou mobiles pour l’arrosage des espaces verts en période de sécheresse. Les pratiques évoluent aussi dans le choix des plantations, avec des essences moins gourmandes en eau et des jardins testés face aux aléas climatiques. ».

Protéger les milieux pour préserver l’eau

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Schéma simplifié du cycle de l'eau.

La qualité de l’eau dépend directement de l’état des milieux naturels. Le périmètre de protection des espaces agricoles et naturels (PEAN) Loire-Chézine est un dispositif qui vise à préserver durablement les terres agricoles et les milieux naturels face à l’urbanisation. Il protège plus de 4 300 hectares sur Saint-Herblain, Indre et Couëron, dont 642 hectares sur la commune.

En limitant l’artificialisation des sols, il contribue aussi à la protection de la ressource en eau et des milieux aquatiques. « Les zones humides et les marais jouent un rôle essentiel de filtre naturel et de régulation de l’eau », rappelle Elsa Borujerdi, chargée de mission Ville nature. Le marais de la Pelousière, classé réservoir de biodiversité, illustre cet enjeu. Un plan de gestion est en cours, complété par des actions concrètes : restauration des étiers, amélioration de la circulation de l’eau et lutte contre les espèces invasives, en lien avec Nantes Métropole. Préserver ces milieux, c’est aussi agir en amont pour la qualité de l’eau en aval, jusqu’à l’estuaire.

Sensibiliser et agir au quotidien

Préserver l’eau ne repose pas uniquement sur les infrastructures. La sensibilisation du grand public est un levier essentiel. Animations nature, visites d’équipements comme la station de Tougas, temps forts autour des zones humides : La Longère et les associations locales participent à cette mobilisation.

À l’échelle individuelle, chacun peut agir : réduire la durée des douches, traquer les fuites, utiliser les appareils ménagers à pleine charge ou limiter les produits détergents, comme le recommandent les services de l’État et l’Agence de la transition écologique (ADEME). Des gestes simples, relayés aussi par Nantes Métropole, qui permettent de préserver la ressource au quotidien. Comme l’ont constaté Patrick et Catherine, comprendre le parcours de l’eau aide aussi à mieux la respecter.

* Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Vu par l’élu - Bertrand Affilé, Maire de Saint-herblain, Vice-président de Nantes Métropole

Pourquoi ce focus sur la question de l’eau ?

En France, l’accès à l’eau potable à domicile va de soi. En conséquence, on s’interroge très peu sur la provenance de l’eau, sur les infrastructures et les procédés qui rendent possible sa mise à disposition, et sur le cycle de l’eau en général. De même pour les usages industriels et agricoles : la croyance en une ressource illimitée doit être battue en brèche. L’eau est une ressource naturelle limitée, indispensable à la vie humaine, animale et végétale, et nous devons de manière urgente agir pour en limiter la consommation et en préserver la qualité.

Justement comment aller vers une consommation plus responsable ?

La majorité des Français et des Françaises a conscience de l’importance de changer leurs comportements, mais on ne peut pas demander aux individus d’agir si nous, pouvoir publics, ne sommes pas à la hauteur avec les moyens qui sont les nôtres. L’Union européenne  et l’Etat sont à la manette du cadre réglementaire sur les questions environnementales et ont la responsabilité de produire les changements d’échelle indispensables. Les collectivités locales doivent aussi être exemplaires : dans la gestion des réseaux et de l’assainissement de l’eau, mais aussi par l’intégration des questions écologiques dans toutes leurs politiques publiques.

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Le marais de la Pelousière, classé réservoir de biodiversité.

En chiffres

135 litres d’eau potable/jour/personne

consommés en Loire-Atlantique, dont 7 % sont réellement bus

12 760 litres d’eau

sont nécessaire pour fabriquer un smartphone

Plus d’1 personne sur 4

dans le monde n’a pas accès à une eau potable sûre

72 %

des prélèvements d’eau douce dans le monde sont utilisés par l’agriculture

Témoignages : c'est vous qui le dites

Robin Salecroix - Vice-président de Nantes Métropole en charge de la politique de l'eau et de l'assainissement et Conseiller municipal délégué à la lutte contre la grande précarité

Les activités humaines et le changement climatique modifient profondément le cycle de l’eau, tant sur la qualité de la ressource que sur les régimes de précipitations ou les débits des cours d’eau. « Cette réalité nous oblige à agir pour protéger les habitants et préparer l’avenir. Nantes Métropole s’engage à travers le schéma départemental de sécurisation de l’alimentation en eau potable et des réseaux de suivi menés avec d’autres collectivités. » Sur le mandat, les budgets dédiés à la politique de l’eau, « ont été doublés pour atteindre 400 millions d’euros, afin de moderniser les canalisations, l’usine de potabilisation et les réseaux d’assainissement. »

« Les communes sont accompagnées dans leurs démarches d’économies d’eau. »

« Nous améliorons en continu le service public métropolitain, de la gestion sobre de la ressource à la réutilisation des eaux usées ». Enfin, un travail de sensibilisation du grand public et des jeunes générations est mené : visites de scolaires et actions pédagogiques.

Katia Chancibault et Claire Magand, rapporteuses du GIEC Pays de La Loire 

En Pays de la Loire, les impacts du changement climatique sur l’eau restent difficiles à cerner, mais une intensification des étiages estivaux (NDLR : périodes où le débit des cours d’eau est le plus bas) se dessine, sans que l’on puisse encore distinguer clairement l’effet du climat ou des prélèvements. Les projections sont toutefois unanimes : la hausse des températures accentuera les pressions sur la ressource et la qualité des milieux naturels. « Cela impose de renforcer la sobriété, l’efficacité des usages de l’eau et la solidarité entre les territoires. »

« Les débits diminueront fortement dans les décennies à venir. »

Le GIEC Pays de la Loire souligne un manque de données de long terme, freinant l’analyse fine des effets climatiques. Il appelle à renforcer la recherche et les programmes d’observation, notamment sur les usages, les faibles débits et la qualité de l’eau. « Face aux risques d’inondations, l’incertitude ne doit pas paralyser l’action mais inciter à adapter les infrastructures et à se préparer aux scénarios les plus défavorables. »

Yves Normand, jardinier au jardin partagé du Tillay

L’association Ti’Quartier existe depuis 2007 et le jardin partagé compte aujourd’hui une vingtaine de bénévoles. On y cultive des légumes, des fruitiers, un verger, avec aussi cinq ruches. Yves Normad est là depuis les débuts. « J’ai été jardinier municipal toute ma vie et, en quarante ans de métier, j’ai vu les pratiques de gestion de l’eau beaucoup évoluer : passer de l’esthétique à la praticité. » En 2012, l’association Ti’Quartier monte un dossier de financement, dans le cadre de Nantes Capitale verte, pour installer une cuve de récupération des eaux de pluie. Elle fait 36 m3, avec une pompe intégrée, et permet aux jardiniers d’arroser la parcelle de 1 000 m² en étant autonomes. Mais l’enjeu ne se limite pas à l’équipement.

« Nous apprenons aux jardiniers à être attentifs à la ressource. »

L’association accueille aussi des élèves du groupe scolaire Condorcet pour des animations. « Le but est de partager notre savoir, de sensibiliser et de créer du lien social autour de la préservation de l’eau. »

Pour plus de renseignements, contactez Yves Normand à l’adresse : tiquartier@gmail.com

Place publique – Eau potable : à votre santé !
Jeudi 11 juin – 20 h – Maison des Arts
Un soupçon de pesticides, des traces de microplastiques… Et si l’eau du robinet n’était plus si sûre ? Une soirée pour débattre de la qualité de l’eau potable : contrôles, normes et risques sanitaires ; une soirée pour mieux comprendre ce que nous buvons chaque jour et interroger un droit fondamental, au cœur de nombreux débats de société. Entrée libre et gratuite. Renseignements : 02 28 25 20 28 / communication@saint-herblain.fr

Saint-Herblain et la métropole face aux risques liés à l’eau

Sur notre territoire, les principaux risques liés à l’eau sont les inondations dues aux débordements de cours d’eau, au ruissellement urbain et aux remontées de nappes. Le territoire est aussi exposé à la submersion marine lors de fortes tempêtes et marées, selon le Dossier départemental des risques majeurs (DDRM) de Loire-Atlantique 2024.

Journée mondiale de l’eau 2026 : l’égalité en action
Le 22 mars 2026, la Journée mondiale de l’eau met en lumière le rôle central de l’égalité de genre dans l’accès à l’eau et à l’assainissement. Aujourd’hui, 1,8 milliard de personnes n’ont pas d’eau potable à domicile et, dans deux foyers sur trois, ce sont les femmes qui assurent sa collecte. Portée par UN Women et l’UNICEF, la campagne appelle à renforcer la place des femmes dans la gouvernance de l’eau pour des services plus justes et efficaces.