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Annie Ardois est entourée de ces élèves devant un carré potager du jardin pédagogique de la Longère. Toutes sourient. On aperçoit les mains d'une personne qui tient un stylo et un cahier.
Nature

La Longère cultive le jardinage au naturel

Publié le | Mis à jour le

Annie Ardois est la fondatrice et l’animatrice des Potagers Essaimés. Une fois par mois, elle investit la Longère et son jardin pédagogique et partage connaissances et conseils pour jardiner dans le respect de la nature et des saisons. Un cycle annuel d’ateliers pratiques, proposés par la Ville de Saint-Herblain, qui débute le 23 septembre. Rencontre.

Que veut dire jardiner au naturel ?

« Jardiner au naturel, c’est coller au plus près des saisons, à ce qu’il y a à faire dans son potager à ce moment-là. L’objectif est de respecter la nature et l’humain, d’être économe en temps et en effort et bien sûr d’être en adéquation avec la saison, tout en s’adaptant aux besoins et attentes des jardiniers et jardinières. »

Des personnes sont rassemblées devant un bac à semis. L'une d'entre elle est en train de semer.
Au mois de mars, la Longère se transforme en atelier semis.

Comment se déroulent les cours de jardinage au naturel à la Longère ?

« Les cours de jardinage au naturel sont conçus comme un cycle annuel, de septembre à juin. L’apprentissage est plus complet et durable. La plupart des gens qui viennent le samedi matin vont appliquer chez eux l’après-midi ce qu’on a vu, et on en parle la séance d’après. Ce lien entre les séances me permet d’évaluer les acquis des participants et d’adapter mes ateliers. C’est tout l’intérêt d’un cycle, d’un apprentissage sur le long terme, d’un accompagnement : le but à la fin c’est que les jardiniers et jardinières soient autonomes. Ceci dit s’il reste des places, les personnes peuvent venir sur des thématiques précises qui changent au fil de la saison.

Concrètement, après un retour sur la séance précédente, j’explique rapidement le thème du jour puis on passe tout de suite à la pratique. Je déroule les explications et réponds aux questions au fur et à mesure. À la fin je fais le tour pour voir ce que chacun a retenu, une technique de formatrice. Une fiche pratique sur la thématique du jour est envoyée aux participants après chaque atelier. »

Le cycle 2023-2024 de jardinage au naturel en pratique

Envie de d’apprendre à jardiner au naturel ? Les cours se déroulent un samedi par mois de 9h15 à 12h30 à la Longère de la Bégraisière. Premier cours le samedi 23 septembre sur le thème « Mieux connaître les plantes et le sol ».

Informations et inscriptions au 02 28 25 24 87.
Programme complet de la Longère, disponible sur saint-herblain.fr et dans les lieux publics.

En vidéo : le témoignage d'une participante, Cécile Durance

Est-ce qu’on peut jardiner et récolter même sur de petites surfaces ?

« On peut avoir un petit jardin et être productif. Même avec 20m² il y a de quoi faire. Le jardinage, c’est toujours utile : on se fait du bien avec une activité physique de plein air et on peut produire une partie de sa consommation… On peut quand même faire des choses avec de grandes jardinières ! »

Une personne accroupie est en train de tutorer un jeune plant avec de fines branches. Plusieurs personnes debout l'entourent et l’observent.
Rien ne se perd, tout se récupère. Pour tutorer les jeunes plants fraichement mis en terre dans le jardin pédagogique de la Longère, on récupère les fines branches trouvées dans la nature alentours.

Quelles sont les trois choses à ne pas faire au jardin ?

« D’abord, vouloir garder un jardin « propre », sans herbe sauvage. Ces dites « mauvaises herbes » ont mauvaise presse mais elles ont aussi leur utilité pour la biodiversité notamment. Deuxièmement, laisser la terre à nu : le paillage est très important pour retenir l’humidité et limiter les herbes sauvages. Ça peut paraître contradictoire avec le premier conseil mais c’est seulement une question d’équilibre ! Enfin, une erreur fréquente c’est d’arroser peu mais tout le temps : c’est du gaspillage d’eau qui reste proche de la surface et s’évapore. Il vaut mieux arroser moins souvent mais abondamment. Ainsi, la plante va développer ses racines pour aller chercher de l’eau. »

D’un jardin partagé aux Potagers Essaimés

Après une reconversion professionnelle, Annie Ardois est embauchée en tant qu’animatrice d’un jardin partagé. « J’y ai appris énormément sur le jardinage, et petit à petit l’envie de transmettre m’est venue ». C’est d’ailleurs là qu’elle débute la rédaction des fiches pratiques qui lui servent encore aujourd’hui – bien que largement enrichies – pour mener les ateliers des Potagers Essaimés. « Quand je me suis lancée, en 2013, l’idée était de transmettre les connaissances en jardinage qu’on avait avant par les parents, les grands parents. J’avais senti qu’il y avait une appétence des citadins pour ça ».

D’abord accompagnée par l’Ouvre-Boîte 44, Annie Ardois, a pu créer son entreprise indépendante au bout de quelques années. « En 10 ans j’ai vu l’intérêt des gens grandir. Au bout de 4/5 ans j’ai pu me dégager un revenu. Je travaille aujourd’hui avec des collectivités locales, des associations, des particuliers, souvent pour la création de potagers. Former aux pratiques de jardinage, c’est un métier nouveau mais qui a son utilité ».

Plus d ‘informations sur le site internet Les potagers Essaimés.